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Aubry

Pourquoi je voterai Martine Aubry le 16 octobre 2011

Chacun peut le constater en parcourant les notes de ce blog, je suis depuis des années, fidèle à Dominique Strauss-Kahn et cette fidélité politique ne s’est atténuée, ni avec le temps, ni avec les affaires dans lesquelles il a été impliqué.

Mon candidat naturel à l’élection présidentielle de 2012 est et restera Dominique Strauss-Kahn.

Dans l’impossibilité qu’il d’être en situation de se présenter aujourd’hui, et face à la nécessité de désigner un candidat du Parti socialiste et de battre la droite en Avril 2012, la seule personne pouvant rassembler les forces et l’intelligence de la Gauche est aujourd’hui Martine Aubry.

Pour comprendre les raisons de ce choix, il faut revenir à la conception que j’ai de l’élection présidentielle.

Je suis contre l’élection du Président de la République au suffrage universel. Je suis contre cette conception issue de la Vème République qui fait du Président une sorte de sauveur suprême censé incarner la Nation.

Pour un homme de Gauche, imaginer qu’une seule personne puisse effectuer la synthèse des aspirations d’un peuple est impossible. La culture dont je me réclame est une culture collective, une culture de l’intelligence partagée, une culture de la régulation négociée des aspirations divergentes.

C’est pour cela qu’il faut redonner au Parlement son rôle premier de débat d’idée, du lieu où s’expriment les différents choix et se choisissent les orientations. C’est pour cela qu’il faut redonner au Gouvernement, son rôle de mise en oeuvre de ces orientations. Ceci fait, alors, et alors seulement, le Président peut jouer un rôle de conscience morale, d’ambassadeur  et surtout, oeuvrer pour intégrer la France dans l’Europe, parce qu’il ne sera enfin plus celui qui protège la France de l’Europe, mais celui qui représente la France en Europe.

Devenir européen ne passera que par une diminution du rôle politique du Président au profit du gouvernement et au profit de l’Europe. Puisque nous sommes de Gauche, nous sommes internationalistes, nous sommes Européens, nous ne pouvons donc qu’être pour une diminution du rôle du Président.

Dominique Strauss-Kahn me paraissait avoir intégré toutes ces dimensions et étaient pour moi celui qui pouvait le mieux transformer le rôle du Président et redonner un rôle premier au gouvernement et au parlement.

Qui donc de Martine Aubry et de François Hollande est mieux à même de prendre la suite ?

Martine Aubry était avec Dominique Strauss-Kahn de cette « Dream Team » du gouvernement de Lionen Jospin en 1997. Ce fut l’un des gouvernement les plus actifs, les plus équilibrés, les plus efficaces que l’on ait connu. Débats d’idées, choix fondamentaux, investissements vers l’avenir,  transformation de la société, tout cela a été fait à partir de 1997 avec cette équipe dans laquelle figurait Martine Aubry (Ministre de l’Emploi et de la Solidarité et n°2 du Gouvernement).

Et pour ceux qui rétorquerai que ce gouvernement s’est terminé par l’échec du 21 avril 2002, je répondrai que, à mon avis, après le départ de Dominique Strauss-Kahn puis de Martine Aubry, Lionel Jospin n’a pas su  renouer avec cette dynamique collective et créer, au moment de l’élection présidentielle, une aspiration vers le futur qui fédère la Gauche.

Je crois que Martine Aubry est la plus capable aujourd’hui de recréer à Gauche une équipe à même de répondre aux difficultés d’aujourd’hui, et notamment à la crise économique majeure et celle du capitalisme que nous vivons actuellement et qui va s’amplifier dans les mois qui viennent.

C’est pour cela que je voterai pour Martine Aubry le 16 octobre 2011 lors du 2ème tour des Primaires citoyennes organisées par le Parti socialiste.

J’aurai aimé pouvoir finir sur la phrase précédente, mais je sais qu’on me reprochera de ne pas avoir indiqué pourquoi François Hollande n’aurait pas les mêmes qualités.

La réponse est simple et terrible : parce qu’il ne les a tout simplement jamais démontrées. François Hollande est un personnage sympathique, rondouillard (à l’époque), rigolo. Beaucoup se souviennent de ces discours lorsqu’il était Premier Secrétaire, ils étaient drôles, parfois percutants. Mais, en aucun cas, à aucun moment, François Hollande n’a incarné un leadership quelconque, à aucun moment, François Hollande n’a incarné une évidence d’idées propres, une évidence de propositions, … C’est certainement un bon orateur, un bon traducteur de la pensée de son leader, c’est certainement un bon second, certainement pas un Président de la République.

Chance

Depuis 4 ans, le livre de Dominique Strauss-Kahn, 365 jours, publié à l’occasion de l’élection présidentielle de 2007, n’a pas quitté le bandeau droit de ce blog, preuve d’une certaine fidélité.

On ne va pas ici s’interroger sur la possible candidature de DSK. Mais, pour renouer avec une chronique politique, s’interroger sur les enjeux et les risques de la prochaine élection de 2012.

Le contexte d’aujourd’hui est particulier : révoltes démocratiques des populations des pays arabes, conflit en Côte-d’Ivoire, intervention des Nations-Unies en Libye, tremblement de terre et tsunami au Japon, dysfonctionnement majeur d’une centrale nucléaire au japon après le tsunami. On peut encore ajouter les crises économiques nées de la crises des sub-primes au USA qui continuent encore de secouer le système économique mondial.

Tous ces évènements, qu’ils soient indépendants ou non les uns des autres, touchent à 2 éléments fondamentaux de la vie en socité : la solidarité et, particulièrement, la solidarité internationale, et le bien-être des populations.

L’accumulation de ces évènements majeurs, dans une période de temps courtes, ne peuvent pas ne pas avoir un impact sur l’opinion publique, passée le temps de l’émotion et de la compassion, et donc,  sur l’analyse que ferons les candidats à l’élection présidentielle de l’état d’esprit des français et de la population en général.

3 lectures sont possibles :

la tentation du chacun pour soi : la situation est difficile, mobilisons nos forces pour apporter de l’aide à ceux qui sont les plus proches de nous –  la famille, les français.

le mirage de la grandeur : la France, grand pays historique, s’il en est, peut expliquer aux autres comment il faudrait agir, proposer des solutions, tout en n’ayant aucun moyen réel d’action.

l’exigence de la solidarité : les nations doivent, où que ce soit, apporter soutien et réconfort aux populations civiles, qui souffrent face aux évéènements, qu’ils soient climatiques ou militaires.

Bien sûr, le choix des mots n’est pas neutre et l’on voit bien où vont nos choix.

Mais, il ne s’agit pas de caricature, il s’agit de définir un système de valeurs.  D’un côté, le choix de l’individualisme et d’une forme de communautarisme. De l’autre, le recours à une forme aujourd’hui désuète d’envisager le monde comme un système hiérarchique où  certaines nations s’arrogent le droit de définir les principes et les méthodes.

Parce que nous sommes aujourd’hui dans un système mondialisé, parce que la puissance  économique de certains pays dépassent nettement leur influence morale ou militaire, la solidarité collective, effective, doit être un principe fondamental sur lequel repose la mise en place d’un équilibre et d’une évolution progressive des sociétés.

Solidarité, mais à quel prix ?

Quand certains pays de la Ligue Arabe s’engagent avec la France, la Grande-Bertagne et les USA pour faire appliquer la résolution 1973 des Nations Unies qui demande le cessez-le-feu en Libye et autorise les nations qui le souhaitent à prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles (cf le texte de la résolution et l’article de Wikipedia sur le sujet), est-ce que cela légitimerait que les peays occidentaux ferment les yeux sur la répression des  révoltes arabes ?

Quand les états sauvent le système économique mondial, faut-il qu’ils abandonnent aussi toutes exigences envers les entreprises et le système bancaire pour rétablir les profits d’avant ?

Quand l’attention immédiate va au secours des populations et à la réparation des dégâts provoqués par le tsunanmi, faut-il abandonner tout esprit critique sur le programme nucléaire et le risque absolu que représente les centrales nucléaires ?

Solidarité, donc, mais afin qu’elle serve de base à une évolution des systèmes et des mentalités.

C’est à cela que devrait s’atteler le prochain Président de la République Française : mobiliser la solidarité de tous, citoyens, entreprises et états  en l’appuyant sur 3 principes :

la formation d’abord, car il est impératif de donner aux jeunes, les moyens de trouver un place et de se développer dans une société en crise

l’environnement, ensuite, car il ne peut pas y avoir de développement dans une société qui se dégrade et qui dégrade la santé de ses habitants

les services publics, car il ne saurait y avoir de développement dans un pays où la monétisation, voire la prévarication ou le népotisme, des besoins des populations l’emportent sur le bien public.

Sur ces bases simples à expliquer, qui devraient être universelles, et dont le bénéfice peur rapidement être visible, il y a matière à un programme de gouvernement, à une mobilisation, nationale (la France), continentale (l’Europe) et internationale.

Espérons que ces thèmes seront au centre de la prochaine campagne présidentielle.

Filiation

Malgré mon intérêt, j’avais boycotté le livre sur la présidentielle de Sarkozy, L’aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza. Non à cause du livre lui-même, mais pour ne pas cautionner ce président que je récuse en ajoutant à sa victoire électorale un succès de librairie.

2 ans après, l’occasion de sa sortie en poche me permet de le lire sans honte.

Quelle déception ! Certes, je suis dans une période Emmanuel Carrère, mais quand je pense a ce qu’il aurait pu faire du personnage de Sarkozy, et que n’a pas su rendre Yasmina Reza …

Non qu’elle passe à côté de son sujet, mais son style est lourd, sans cette empathie humaine que Carrère sait mettre.

J’avais aime Art au théâtre, peut-être grâce aux acteurs, Arditi, Lucchini et Vaneck. En les lisant, j’avais détesté la noirceur de Une désolation, et apprécié l’inéluctable du Dieu du carnage.

Dommage que cette proximité de Sarkozy n’est pas donne lieu à un texte mieux écrit. Mais, finalement, est-ce peut-être pour cela qu’il a accepté ?

Que retenir : le côte enfantin du personnage, sa volonté de gagner, son égocentrisme, son besoin de séduire ?

Pour faire bonne mesure, peut-être faudrait-il lire 20 000 euros sur Sego de Christophe Donner ? Mais c’est trop dur …