Archives par mot-clé : islam

Découverte

Après Houellebecq, Virginie Despentes, Apocalypse Bébé, prix Renaudot 2010.

Là encore, c’est un auteur qui porte avec elle un relent de souffre. Je conçois qu’on puisse  ne pas apprécier certaines pages un peu crues de ce livre et que cela puisse suffire à en éviter la lecture.

Valentine, la fille d’un écrivain, aujourd’hui improductif, est surveillée (pour le bien de son adolescence) par une détective. Valentine disparaît, la détective, accompagnée d’une spécialiste, essaye de la retrouver.

Si on accepte la découverte, sans être un chef d’oeuvre, sur un fond d’enquête policière, Despentes réussit  à décrire une certaine société d’aujourd’hui et toucher une certaine vérité dans ses personnages, notamment adolescents, et les contrastes de perception entre strates de la société.

Le monde décrit par Despentes est un monde noir, une société déjà explosée qui n’a pas d’avenir.

De manière assez intéressante, les 2 livres de Houellebecq et de Despentes ont des similitudes. En élargissant le spectre de leurs livres respectifs, ils ont l’ambition de décrire une certaine société occidentale, même si c’est de manière diamétralement opposée. Les personnages ne sont pas forcément plus sympathique que chez Houellebecq.

Bref, un bon polar, marqué par notre époque, même si je trouve que la fin est un peu exagérée, voire grand spectacle, sans que cela apporte quoi que ce soit.

Changements

Il faut aller voir Adieu Gary de Nassim Amaouche avec Jean-Pierre Bacri.

D’abord parce que c’est un beau film très bien filmé et mis en images. Le lieu, un ville dont le temps s’est arrêté avec l’usine qui a ferme, le décor, des batiments murés, une usine déserte, de grandes avenues de platanes, vides, poussiéreuses, comme le sont les rues principales des villes de western.

Ensuite, pour l’histoire, celle d’un homme, fier de son travail, et d’un fils qui cherche comment rebondir. peu de mots. Mais le travail quotidien de l’homme, pour construire sa machine, pour aller au bout des ses rêves.

Pour les idées, enfin, car dans ce village où tout semble s’être arrêté, à l’image de cet adolescent mutique, attendant son père parti et regardant les films de Gary Cooper, la vie est là, dans le désir d’une fille, dans les petits trafics des uns et des autres, dans l’aspiration sociale d’un nouvel arrivant, cette vie qui va recréer le mouvement et permettre à chacun d’aller de l’avant.

Je n’oublierai pas de sitôt l’un des formidables plans qui clôt ce film, les ablutions, filmées en très gros plan, de l’un des vieux ouvriers du village, avant de se rendre à la mosquée. Mosquée de fortune qui a remplacé les syndicats dans la Maison du Peuple, mais qui ramène la vie, l’espoir et les jeux des enfants.

A signaler pour finir, la musique envoutante du Trio Joubran qui accompagne le film.

Le Trio Joubran : http://www.letriojoubran.com