Mon Président

Le blog d'un citoyen qui rêve d'un grand président de la république

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Pouvoirs

Posté par Christian le 19 juillet 2009

(En)jeux de pouvoirs dans Jeux de Pouvoir, de Kevin MacDonald, avec Russell Crowe et Ben Affleck.

Sur fond de l’enquête de deux journalistes, l’un à l’ancienne, cubicle encombré, enquête de fond, alcool et grisaille de la vie, l’autre jeune, blogueuse, connectée et avide de scoop, le film aborde à la fois la transformation des qutotidiens et de leur modèle économique, les contraintes de la rentabilité à tout prix, le pouvoir et la corruption des lobbies militaires et la privatisation des contrats de sécurité, la responsabilité individuelle face à la responsabilité collective.

On peut certainement critiquer tels ou tels aspects de ce film qui reste dans la lignée des films policiers américains, mais il faut reconnaître la capacité des américains à utiliser l’actualité immédiate dans un film, notamment des thèmes peu fréquents comme la liberté de la presse et la nécessite d’une presse d’investigation face a la puissance de l’argent et la délégation de la sécurité intérieure et extérieure à des sociétés de mercenaires privés.

Malgré la diversité des sujets, le film, tiré d’une série anglaise, State of Play, tient le suspense pendant 2 heures.


Jeux de pouvoir

Russell Crowe (Interprète principal). Universal Studio Canal Video 2009, DVD, € 14,00


State of play – Jeux de pouvoir

David Morrissey (Interprète principal). Koba Films 2006, DVD, € 11,15

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Cendres

Posté par Christian le 22 juin 2009

Que reste-t-il après la fin du monde ?

Qu’est-ce qui fait l’essence d’un bon livre ?

Voilà les deux questions que soulève la lecture de La Route de Cormac Mccarthy, l’auteur dont est tiré No Country for Old Men, le film des frères Cohen.

Dans les paysages noircis et dévastés d’un monde d’après l’apocalypse, un homme et son fils marchent en direction de la mer et essayent de survivre. L’absence de nourriture fraiche, les risques d’une rencontre avec les quelques survivants, et cette route, longue, dangereuse, parmi les derniers vestiges de notre civilisation, que rien n’a remplacé, remplissent ce livre d’une sombre désespérance. Les rapports du père et de son fils, qui n’a jamais connu le monde d’avant, sont les (presque) seules dernières lueurs d’humanité de ce livre.

A quoi tient le bonheur de lire un livre ? A la qualité de l’écriture ? Au choix du thème ? A l’étrangeté des situations ? A la réflexion que cela amène ?

La réponse n’est pas forcément évidente. Nous connaissons tous des livres que nous aimons mais qui n’ont pas tout ces attributs.

Ce pourrait-il alors que l’on puisse aimer un livre mal écrit mais dont le thème et le traitement sont fascinants?

Ce pourrait-il que l’on oublie la forme dès lors que le fond est la ?

J’adore ce livre, c’est certain.

Mais je ne sais pas si j’aime Cormac McCarty. Il faudra donc que j’en lise un autre !

Edité le 11/07/2009

C’est fait, je lis, Un enfant de Dieu. C’est bien écrit. Il y a un style McCarthy. Mais je n’aime pas. Cela n’enlève rien à la qualité de La Route.


La route

François Hirsch (Traduction). Editions de l’Olivier 2008, Broché, 244 pages, € 12,90


Un enfant de Dieu

Guillemette Belleteste (Traduction). Points 2008, Poche, 169 pages, € 6,17


No country for old men

Jones Tommy Lee (Interprète principal). Paramount Home Entertainment 2008, DVD, € 6,49


Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme

François Hirsch (Traduction). Points 2008, Broché, 298 pages, € 4,00

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Pari

Posté par Christian le 22 juin 2009

Je l’avais dit, je l’ai fait, j’ai lu 20.000 euros sur Ségo de Christophe Donner !

Eh bien, ce fut une bonne surprise. Il ne faut chercher l’essai politique ni l’analyse en profondeur, encore moins une étude humaine comme aurait pu la faire Emmanuel Carrère.

C’est le journal dilettante d’un congrès du PS et de sa préparation vu par un parieur. Et c’est peut-être cela qui est intéressant. De la difficulté d’être un parieur, de comment parier, de ce qui fait une cote, c’est cela le vrai thème du livre.

Bref, des vacances sur le front du politique.


20 000 euros sur Ségo !

Christophe Donner. Grasset & Fasquelle 2009, Broché, 246 pages, € 5,99

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Elections européennes 2009

Posté par Christian le 7 juin 2009

Le Monde nous offre les résultats en direct :

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Filiation

Posté par Christian le 17 mai 2009

Malgré mon intérêt, j’avais boycotté le livre sur la présidentielle de Sarkozy, L’aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza. Non à cause du livre lui-même, mais pour ne pas cautionner ce président que je récuse en ajoutant à sa victoire électorale un succès de librairie.

2 ans après, l’occasion de sa sortie en poche me permet de le lire sans honte.

Quelle déception ! Certes, je suis dans une période Emmanuel Carrère, mais quand je pense a ce qu’il aurait pu faire du personnage de Sarkozy, et que n’a pas su rendre Yasmina Reza …

Non qu’elle passe à côté de son sujet, mais son style est lourd, sans cette empathie humaine que Carrère sait mettre.

J’avais aime Art au théâtre, peut-être grâce aux acteurs, Arditi, Lucchini et Vaneck. En les lisant, j’avais détesté la noirceur de Une désolation, et apprécié l’inéluctable du Dieu du carnage.

Dommage que cette proximité de Sarkozy n’est pas donne lieu à un texte mieux écrit. Mais, finalement, est-ce peut-être pour cela qu’il a accepté ?

Que retenir : le côte enfantin du personnage, sa volonté de gagner, son égocentrisme, son besoin de séduire ?

Pour faire bonne mesure, peut-être faudrait-il lire 20 000 euros sur Sego de Christophe Donner ? Mais c’est trop dur …


L’aube le soir ou la nuit

Yasmina Reza. J’ai lu 2009, Broché, 149 pages, € 4,48


Art

Yasmina Reza. Magnard 2002, Poche, 122 pages, € 5,00


Le dieu du carnage

Yasmina Reza. Michel albin SA 2006, Broché, 124 pages, € 9,50


20 000 euros sur Ségo !

Christophe Donner. Grasset & Fasquelle 2009, Broché, 246 pages, € 5,99

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Manipulations

Posté par Christian le 8 mai 2009

Quelle formidable idée que celle d’Antoine Bello ! Une organisation, le Consortium de Falsification du Réel (CFR), emploie des agents dont le rôle, à côté de leur travail ordinaire, est d’introduire des éléments permettant de modifier la perception que l’opinion a de la réalité conformément aux objectifs définies par le CFR.

Cette idée prend toute sa force quand l’auteur s’appuie sur des événements connus, sur des thématiques moralement acceptables (la défense des minorités et de la diversité, la dénonciation des excès de la financiarisation de l’économie) et qu’on finit par se dire que, finalement, pourquoi pas …

Sans cesse en interrogation sur les enjeux moraux de cette activité occulte : pourquoi est-on falsificateur ? jusqu’où peut-on aller pour préserver une falsification ou l’existence secrète du CFR ou des ses membres ? quelles sont les finalités du CFR et l’origine de ses moyens ? Peut-on continuer à exercer sans le savoir ?

C’est cette justesse dans l’analyse et la compréhension des ressorts du falsificateur et du CFR qui font tout l’intérêt du livre d’Antoine Bello.

Extrait des Falsificateurs (pages 266-267, Folio no 4727)

Depuis le début des années quatre-vingt, (…) on assistait à une financiarisation de l’économie. (…) [Il] avait tenu à rappeler que le CFR ne contestait pas les mécanismes du capitalisme. « Ce qui nous préoccupe, avait-il expliqué, c’est que les acteurs de l’économie de marché semblent parfois aveuglés par leur foi dans la solidité du système. Ils oublient – ou font semblant d’oublier – que ces nouveaux instruments, s’ils fluidifient le march, le rendent aussi plus fragile. Certains traders prennent des positions si complexes qu’is ne sont même plus capables de chiffrer en cas de hausse ou de baisse brutale du dollar ou du pétrole.

Est-ce que cela ne reflète pas une certaine réalité, pour un livre dont l’édition originale date de mars 2008 ?


Les falsificateurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2008, Poche, 588 pages, € 8,17


Les éclaireurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2009, Broché, 477 pages, € 17,00

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Conscience

Posté par Christian le 1 mai 2009

Trop vite sorti de l’affiche à Paris, le film Frost/Nixon, l’heure de vérité, de Ron Howard, mérite d’être vue car, au-delà de l’histoire de l’interview de Richard Nixon, président déchu à la suite du scandale du Watergate, de sa morgue et de son arrogance face au journaliste David Frost, ainsi que de la qualité de l’interprétation et de la mise en scène du film, certains aspects du film ne manquent pas d’être très actuels.

Ainsi l’attitude de l’ex-président américain envers les media et les journalistes n’est pas sans rappeler celle d’un actuel président français.

Quand la position de Nixon sur la guerre au Cambodge et les raisons de la faire (la construction d’un « Pentagone de bambous »), c’est l’exact réplique de ce que dira plus tard George W. Bush à propos de l’Irak.


Frost Nixon

Franck Langella (Interprète principal). Universal Studio Canal Video 2009, DVD, € 9,99

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Tâche

Posté par Christian le 1 mai 2009

Un article du New York Times publie par le supplément du Monde date du 2 mai 2009 fait frissonner.

Après avoir décrit le développement de la société californienne LiveOps, qui commercialise un centre d’appel (call center) virtuel où des employés traitent des appels depuis leur domicile, appels dirigés en priorité vers les opérateurs les plus productifs, pas seulement en termes de productivité (nombre d’appels traités) mais aussi en fonction de l’efficacité de l’opérateur, par exemple sa capacité à générer des ventes additionnelles.

Commentaire du PDG de LiveOps a propos des employés moins « bons » : « Personne n’est viré, ils ne reçoivent tout simplement plus de travail. »

On se croirait revenu au début du siècle (du moins en Europe) avec le travail payé à la tâche ! Et, ce, dans un monde éclaté où le lien entre salariés n’existe plus puisqu’ils sont à distance les uns des autres.

Conclusion de l’article sur ce thème justement : « Avant de se récrier face à l’horreur d’une économie qui se dirige vers des travailleurs payés à la minute en faisant un travail à la pièce sur la table de leur cuisine tout en étant surveillés en permanence par un ordinateur, soyez conscients que [LiveOps] n’a pas de difficultés à trouver des employés. (…) Il y a beaucoup plus de gens qui recherche ce mode de travail qu’il y a de postes [déclare le PDG de LiveOps]. »

Faut-il s’en rejouir ? C’est bien ce modèle libéral – puisque les gens en veulent, c’est donc que c’est bien – qu’il faut critiquer et qui échoue en ce moment !

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Vies

Posté par Christian le 26 avril 2009

Il y a des livres dont on parle parce qu’ils sont importants et qu’on veut qu’ils soient lus, comme par exemple, L’Attentat de Yasmina Khadra, d’autres fragiles, dont on veut qu’ils soient lus ou qu’ils aient leurs chances (Seul dans le Noir de Paul Auster).

Pour certains, il vaudrait mieux qu’on n’en parle pas pour ne pas risquer de détruire par des mots inappropriés l’équilibre que le livre a réussi à créer.

C’est le cas de D’autres Vies que la Mienne de Emmanuel Carrère.

On pourra lire ailleurs, le sujet et l’enjeu du livre.

Je ne voudrais retenir que l’extrême justesse du récit, la façon des les acteurs sont restitués dans leur plénitude, l’équilibre des éléments de contexte qui permettent de comprendre, d’appréhender les gens et les actes.

Alors que le livre pourrit être triste ou désespérant, c’est finalement la vie qui l’emporte.

« Lorsqu’on a trouvé son point d’appui, la vie apparaît, …, miraculeuse »

Note du 14/05/2009

Je viens de terminer L’adversaire, livre sur Jean-Claude Romand qui a tué sa femme, ses 2 enfants et ses parents après avoir menti pendant près de 20 ans sur sa fausse vie de médecin. Quelle justesse à nouveau, quelle écriture qui nous permet de comprendre les personnages, ce qui les animent, leurs fêlures secrètes. On saura probablement jamais si l’analyse, la compréhension de Emmanuel Carrère est la bonne. Mais sa capacité à restituer la psychologie des gens en quelques lignes est formidable.


D’autres vies que la mienne

Emmanuel Carrère. POL 2009, Broché, 309 pages, € 18,00


L’Adversaire

Emmanuel Carrère. Gallimard 2002, Poche, 219 pages, € 4,00


L’Adversaire

Daniel Auteuil (Interprète principal). Studio Canal 2007, DVD, € 9,98

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Imagination

Posté par Christian le 8 avril 2009

J’avoue avoir un problème avec l’émission Le Masque et La Plume sur France Inter, particulièrement lorsqu’elle est consacrée aux livres.

Autant j’apprécie l’intelligence et la diversité des critiques présents, autant j’adhère à la passion des livres qui anime Jérôme Garcin, autant j’ai découvert des auteurs passionnants comme Jean Rolin, autant je suis surpris du total désaccord sur certains livres qui font l’unanimité des critiques du Masque.

Alors que cette unanimité devrait être le signe d’une probable justesse du jugement, mon désaccord me surprend encore plus !

Ainsi le dernier livre de Paul Auster, Seul dans le noir, qui a été descendu par les critiques, m’est apparu comme un livre passionnant.

Bon, j’aime depuis longtemps Paul Auster, et, comme dans une note précédente consacrée a Amélie Nothomb, peut-être suis-je biaisé ?

C’est certainement un livre étrange qui mélange différents plans.

Au cours d’une nuit d’insomnie, Auster conte l’histoire d’un vieil écrivain invalide, de sa fille et de sa petite fille, chacun ayant perdu l’être aimé.

L’amour est présent dans chaque page du livre, toujours bousculé par le temps et l’Histoire.

Et c’est justement cette dialectique qui est intéressante et qu’Auster illustre au travers de ses histoires imbriquées.

Premier plan : une analyse (brillante) de l’art de l’ellipse au travers de l’objet au cinéma pour illustrer l’état du rapport au sein du couple. Auster connaît et aime le cinéma (il faut lire un de ses meilleurs livres, Le Livre des Illusions)

Deuxième plan : une histoire, imaginée par le vieil écrivain pendant son insomnie, mais ô combien réelle, d’un homme plongé dans la violence de son temps et prêt à abdiquer son âme, à tuer, pour sauver sa femme.

Troisième plan : les histoires de l’amour de l’écrivain et de différents protagonistes, dont sa fille et sa petite fille, histoires perturbées par la vie, le temps et l’Histoire.

Et une conclusion, la vie continue malgré la folie de la vie.

Le style, la narration, les problématiques de la responsabilité face à la violence, à la guerre et à la mort, font de ce livre un livre passionnant.

Si on est un spécialiste de Paul Auster, peut-être pourra-t-on en préférer d’autres, mais pour le lecteur que je suis et pour qui aime la lecture, je recommande ce livre.


Seul dans le Noir

Christine Le Boeuf (Traduction). Actes Sud 2009, Broché, 324 pages, € 10,00


Le livre des illusions

Paul Auster. Actes Sud 2003, Poche, 382 pages, € 4,98

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