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Tâche

Un article du New York Times publie par le supplément du Monde date du 2 mai 2009 fait frissonner.

Après avoir décrit le développement de la société californienne LiveOps, qui commercialise un centre d’appel (call center) virtuel où des employés traitent des appels depuis leur domicile, appels dirigés en priorité vers les opérateurs les plus productifs, pas seulement en termes de productivité (nombre d’appels traités) mais aussi en fonction de l’efficacité de l’opérateur, par exemple sa capacité à générer des ventes additionnelles.

Commentaire du PDG de LiveOps a propos des employés moins « bons » : « Personne n’est viré, ils ne reçoivent tout simplement plus de travail. »

On se croirait revenu au début du siècle (du moins en Europe) avec le travail payé à la tâche ! Et, ce, dans un monde éclaté où le lien entre salariés n’existe plus puisqu’ils sont à distance les uns des autres.

Conclusion de l’article sur ce thème justement : « Avant de se récrier face à l’horreur d’une économie qui se dirige vers des travailleurs payés à la minute en faisant un travail à la pièce sur la table de leur cuisine tout en étant surveillés en permanence par un ordinateur, soyez conscients que [LiveOps] n’a pas de difficultés à trouver des employés. (…) Il y a beaucoup plus de gens qui recherche ce mode de travail qu’il y a de postes [déclare le PDG de LiveOps]. »

Faut-il s’en rejouir ? C’est bien ce modèle libéral – puisque les gens en veulent, c’est donc que c’est bien – qu’il faut critiquer et qui échoue en ce moment !

Facts, just facts !

La reproduction intégrale d’un article du Monde daté du 29/04.

Maryam, victime d’une offensive israélienne, comme 58 enfants depuis janvier à Gaza

Maryam Maarouf avait 14 ans. C’était une écolière comme il y en tant à Beit Lahiya, au nord de la bande de Gaza, avec son foulard et sa blouse stricte. Comme ses parents, ses cinq frères et ses quatre soeurs, elle a été réveillée, samedi 26 avril, vers 1 heure du matin par le bruit assourdissant des chars, des blindés, des bulldozers et des hélicoptères. Les Israéliens avaient franchi en force la frontière située à deux kilomètres.

Une incursion comme il y en a tant pour se saisir des tireurs de roquettes ou procéder à des interpellations. Jeudi, c’était à Beit Hanoun, de l’autre côté de l’enclave. Demain, ce sera peut-être au point de passage de Kissoufim, au centre du territoire, ou au sud, dans le secteur de Khan Younès. Une pratique routinière. Ce samedi justement, c’est la maison de Maryam Maarouf qui est visée.

Son père, Talal Maarouf, est un activiste du Hamas. Pas un gros poisson, mais quelqu’un qui compte localement. Un homme de terrain. Tel est l’objectif de cet imposant déploiement. La maison toute récente, loin d’être terminée, est la cible des forces spéciales israéliennes.

Personne ne peut dire combien il y avait de chars, de bulldozers et d’hélicoptères. Ce qui est sûr, c’est que l’assaut est massif. «  Il y en avait de tous les côtés. On a entendu des rafales, des explosions, c’était la guerre. Je n’avais jamais vu cela « , raconte Rizik Sobeh, le beau-frère de Talal Maarouf.

Son fils Ahmed, 16 ans, dormait dans la maison et se souvient de tout.  » Ils ont demandé à Talal de se rendre, disant qu’il était encerclé. Puis ils ont commencé à tirer. Tout le monde hurlait. Il y a eu d’énormes explosions. Un hélicoptère a tiré avec des grosses balles. « 

Et il ajoute :  » Nous étions couchés à terre. Lorsque ça s’est arrêté, nous sommes sortis. C’est là que ma cousine Maryam et ma tante Soumir ont été touchées. Soumir avait un bébé de 6 mois dans les bras. Elles ne pouvaient plus bouger. Une ambulance a tenté de s’approcher et on lui a tiré dessus. Puis deux jeunes ont essayé de secourir Soumir qui rampait. Ils ont été blessés par un missile. Je suis allé dans la maison du grand-père et je me suis caché. « 

CAHIERS ÉPARPILLÉS

Lorsque, vers 6 heures du matin, les soldats décrochent, après avoir échangé des tirs avec des combattants palestiniens impuissants face à cette armada, il est trop tard pour Maryam. Abou Sada Iyad, chirurgien à l’hôpital Kamel Adwan, confirme qu’elle s’est vidée de son sang. Une balle lui a traversé le corps pénétrant sur le côté jusqu’à la hanche opposée. Sa mère, Soumir, a reçu une balle dans le dos. Son état est jugé préoccupant. Elle ignore le sort de sa fille et de son mari, emmené en Israël. Huit autres personnes ont été blessées, dont quatre grièvement.

Ahmed a échappé de justesse à un missile. Il a été touché dans le dos et aux jambes. Ibrahim est sain et sauf, et avoue  » on a couru après la mort et elle n’est pas venue « . Il ne comprend pas pourquoi il y a eu cette incursion juste pour arrêter un homme. Il évoque la possibilité d’un tunnel creusé depuis la maison. Dans le garage, il y a effectivement une montagne de sacs de gravats.

Les Israéliens savaient-ils ? Aucune mention officielle n’en a été faite. La maison a été totalement dévastée. Un incendie a ravagé une grande partie du premier étage. Les murs sont constellés d’éclats. Les cahiers d’écoliers de Maryam sont répandus dans les décombres. La vigne qui procurait de l’ombre sur la terrasse a été tranchée net. Un bulldozer a réduit en amas de ferraille la fourgonnette. Les cabanes, le four traditionnel ne sont plus qu’un tas de débris.

Dans un rayon d’un kilomètre, les cultures ont été labourées par les blindés. Le réseau d’irrigation et les pompes ont été écrasés.  » Pourquoi détruisent-ils tout systématiquement ? Pourquoi veulent-ils nous empêcher de vivre décemment ? Pourquoi tant de dégâts pour arrêter une personne ? «  Rizik Sobeh ne comprend pas. Dans les champs, les villageois récupèrent ce qui peut l’être.

Maryam est morte sur un chemin de terre sans comprendre pourquoi l’enfer s’est abattu sur sa maison. Ce qui n’empêchera pas, lors des obsèques, un député du Hamas, Mushir Masri, de  » récupérer  » sa mort et de rendre hommage à  » cette résistante «  et  » martyre « .

Lundi matin, à Beit Hanoun, un obus de char israélien a, selon les habitants, fauché quatre frères et soeurs âgés de 1 à 5 ans. Selon l’ONU, 58 enfants palestiniens ont été tués depuis le début de l’année dans la bande de Gaza.

Michel Bôle-Richard (Beit Lahiya, envoyé spécial)

© Le Monde

Hommage

 

Strophes pour se souvenir

 

Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servi simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

 

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

 

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

 

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

 

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan

 

Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant

 

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant

 

Louis ARAGON

No comment – Made in China

Cette rubrique semble se remplir à grande vitesse  !

Comme le disent les Chinois, qui n’est pas venu sur la Grande Muraille n’est pas un brave. Qui va sur la Grande Muraille conquiert la bravitude.

Ségolène Royal, le 6/01/2007, en visite sur la Grande Muraille, citée par Le Parisien du 8/01/2007.

Bravitude. Je suis un peu envieux, j’aurais aimé inventer ce beau mot. Il exprime la plénitude d’un sentiment de bravoure. L’inventivité sémantique fait partie de la capacité d’un candidat à parler une autre langue que la langue de bois.

Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal, dimanche 7/01/2007, Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, cité par Le Parisien du 8/01/2007.

Que dire, sinon que Lang a trouvé dans Ségolène, une langue qui le transporte.

Par décence, et pour ne pas frayer avec l’ennemi, on ne rapportera pas ici le commentaire de Patrick Devedjian, toujours dans Le Parisien.

Information

Plusieurs notes ont disparu de mon blog, ce soir, avec leurs commentaires.

Parano ou fausse manip de ma part, on ne saura probablement jamais.

Désolé pour ceux qui avait posté un commentaire ou fait un lien vers les notes.

J’ai pu récupérer via un flux RSS certaines notes récentes mais pas toutes.