Mon Président

Le blog d'un citoyen qui rêve d'un grand président de la république

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Archive de la 'Livre' Catégorie

Crise

Posté par Christian le 2 octobre 2011

« Peut-on savoir sans avoir vécu ? », c’était le thème d’une dissertation de philosophie que j’ai eu à rédiger en Terminale.

Que pouvons-nous savoir de la faim (en Afrique), de la pauvreté (dans le Nord) ou de la guerre (en 1940) puisque nous ne l’avons pas vécue ?

Comme je crois à la diffusion du savoir par le livre et les médias, je crois, si on est ouvert, que l’on peut toucher une réalité au travers d’un texte. A condition que l’auteur respecte son sujet. C’est cette réalité que j’ai découverte dans plusieurs livres ces derniers mois, notamment HHhH de Laurent Binet ou D’autres vie que la mienne d’Emmanuel Carrère.

Avec Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas, c’est la réalité des emplois précaires, des vies fracassées par la crise économique qui nous est décrite.

Autant le dire immédiatement, il y aurait certainement une certaine indécence à partager la vie des sans-emplois pendant quelques mois, tel que l’a fait Florence Aubenas, alors qu’on sait très bien qu’on peut en sortir à n’importe quel moment, si l’auteur ne savait pas s’effacer devant ces femmes et ces hommes dont elle croise le chemin, et les restituer dans toutes leur humanité.

Curieusement, ce récit n’est ni pesant ni triste. Il s’exprime toujours une certaine joie de vivre, certains moments de légèreté et de rires, ces quelques instants que l’on vole à l’adversité, tous ces rêves que l’on a et qui font que l’on peut continuer, malgré tout.

Jours de fatigue, levée à 4 heures du matin, couchée au milieu de la nuit, jours de course, où il faut finir en quelques heures le nettoyage qu’il faudrait deux fois plus longtemps pour respecter le contrat, jour de lutte, où l’on se souvient du passé ouvrier d’une France industrielle.

A lire pour comprendre la réalité de la France d’aujourd’hui, à lire avant de voter en 2012, à lire pour refuser le décalage entre une société qui valorise l’argent, la réussite, la compétition, où tout est permis au nom du profit immédiat, sans regarder tout les sans-nom qui permettent de faire tourner la société, sans comprendre que la paupérisation des classes populaires et, bientôt, des classes moyennes, est intrinsèque au capitalisme.

Merci Florence, merci à toutes ces femmes, de nous le rappeler.

Extrait

Sans que cela soit dit, nous savons que le distributeur [de boissons] n’est pas pour nous, il appartient à un monde du travail auquel nous n’avons pas accès, celui où on décroche son portable quand il sonne et où on ne calcule pas le temps que ça prendra d’aller aux toilettes.

Florence Aubenas, Le quai de Ouistreham, Points, 2011


Le quai de Ouistreham

Florence Aubenas. Points 2011, Broché, 238 pages, € 2,98

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Mémoire

Posté par Christian le 8 août 2011

Pourquoi écrit-on un livre ?

Comment écrit-on un livre ?

Le propos de Laurent Binet dans HHhH est clair : il souhaite rendre hommage à la mémoire de son père et à celle des héros de l’attentat commis à Prague en 1942 contre un haut dignitaire nazi, Reinhard Heydrich.

Mais comment raconter de nos jours une histoire qui se déroule durant la seconde guerre mondiale ?

Aussi intéressant que soit le sujet, son contexte et ses protagonistes, écrire un document, un livre d’histoire ne ferait qu’ajouter un livre de plus pour un lectorat restreint, pour des spécialistes.

Ecrire un roman serait certainement plus intéressant, plus actuel, mais comment écrire un roman sur des Héros de l’Histoire ?

Comment leur rendre un réel hommage sans pervertir, ni leur action, ni leur humanité, derrière des mots et des faits inventés ?

Comment raconter l’horreur de la guerre et de la « Solution Finale », parler de l’extermination volontaire de millions de juifs, sans amoindrir les actes ou les paroles derrière les mots d’un roman ?

C’est pourtant à cela que s’attelle Laurent Binet : ni roman, ni essai, une sorte d’ovni intermédiaire qui raconte le livre en train de s’écrire, l’écrivain en train de construire son projet …

Mais ce n’est pas un roman sur l’écriture d’un livre sur la guerre. C’est beaucoup plus que cela.

D’abord parce que l’Histoire est là. On peut y redécouvrir la montée en puissance du nazisme, la vie « presque » quotidienne de ces hommes et de ses femmes qui pouvaient, tuer, décimer par milliers, par millions d’autres êtres humains, d’autres êtres qui ne considéraient pas comme humains.

De la construction théorique (si l’on peut dire) du nazisme aux actes de barbarie, des actes de guerre aux actes politiques, on redécouvre une époque dans toute sa cruauté et sa réalité.

Mais le livre est aussi une leçon de littérature, sur les questions à se poser avant d’écrire, par ses références aux auteurs qui ont traité du même sujet depuis 70 ans.

Malgré l’horreur du sujet, et elle est réelle, le livre reste, tout du long d’une légèreté et qui permettra à chacun d’entrer dans un sujet que l’on croit connaître mais dont il faut redécouvrir les éléments princeps.

PS : L’auteur cite Les Bienveillantes de Jonathan Littell et s’interroge sur la nécessité de continuer son projet. La lecture de HHhH m’a donné envie de lire le Littell. On y reviendra.


HHhH – Prix Goncourt 1er roman 2010

Laurent Binet. Grasset & Fasquelle 2010, Broché, 440 pages, € 19,85


HHhH

Laurent Binet. Le Livre de Poche 2011, Poche, 448 pages, € 6,46


Les Bienveillantes – Prix Goncourt et Prix du roman de l’Académie française 2006

Jonathan Littell. Gallimard 2008, Broché, 1401 pages, € 11,75

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Polar

Posté par Christian le 18 mai 2011

Déniché sur le net, la 4ème de couverture du prochain roman policier d’Harlan Coben :

« Il est arrivé quelque chose de grave ! Il faut que tu me sortes de là. » Ce sont les quelques mots laissés sur son répondeur par son meilleur ami qui ont alerté Win, de son vrai nom Windsor Horne Lookwood III. Depuis, celui-ci, Dom S. Can, riche héritier et par ailleurs, probable candidat aux primaires démocrates pour la présidentielle de 2012, est sur toute les télévisions, accusé d’abus sexuels et de viol sur une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais.

Même si sa position d’agent sportif ne prédispose pas Myron Bolitar à jouer les enquêteurs politiques, il ne peut pas non plus laisser tomber un Win désespéré qui lui demande de l’aide. Ils ont été ensemble de tellement d’aventures et d’enquêtes que Myron en est déjà à imaginer les hypothèses possibles.

A bien connaître, il ne lui semblerait finalement pas étonnant que son ami Dom, si il est aussi séducteur que Win, ait pu dépasser quelques limites. Seulement, Win lui assure que, jamais, Dom n’aurait commis un tel crime. D’ailleurs, Myron ne peut pas penser une seule seconde que son ami, qui aime tellement les femmes, puisse forcer quelqu’un contre son gré. Dans ce cas, il est peu probable que son alter ego soit tellement différent.

Alors, qu’a-t-il bien pu se passer dans cette chambre d’hôtel ? Une banale histoire de moeurs qui tourne mal ? Un mensonge de la femme de chambre pour se protéger ? Une erreur sur la personne de l’agresseur ? Un complot fomenté par les adversaires politiques de Dom ?

Il ne reste que 4 jours, avant le Grand Jury qui décidera si les charges contre Dom sont suffisantes pour le maintenir en détention, à Myron et Win pour découvrir ce qui se cache réellement derrière cette affaire.


Toute ressemblance avec une affaire en cours ne serait pas fortuite.

Merci à Harlan Coben de ne pas me tenir rigueur de lui avoir emprunté pour quelques lignes ses personnages.

Profitons-en, plutôt que de se répandre en hypothèses interprétations pour lire ou relire Harlan Coben.


Peur noire

Harlan Coben. Pocket 2010, Poche, 413 pages, € 7,22


Sans laisser d’adresse

Harlan Coben. Pocket 2011, Poche, 404 pages, € 5,00


Ne le dis à personne

Roxanne Azimi (Traduction). Pocket 2004, Poche, 430 pages, € 6,00


Ne le dis à personne

François Cluzet (Interprète principal). Europacorp 2008, DVD, € 4,98

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Découverte

Posté par Christian le 11 janvier 2011

Après Houellebecq, Virginie Despentes, Apocalypse Bébé, prix Renaudot 2010.

Là encore, c’est un auteur qui porte avec elle un relent de souffre. Je conçois qu’on puisse  ne pas apprécier certaines pages un peu crues de ce livre et que cela puisse suffire à en éviter la lecture.

Valentine, la fille d’un écrivain, aujourd’hui improductif, est surveillée (pour le bien de son adolescence) par une détective. Valentine disparaît, la détective, accompagnée d’une spécialiste, essaye de la retrouver.

Si on accepte la découverte, sans être un chef d’oeuvre, sur un fond d’enquête policière, Despentes réussit  à décrire une certaine société d’aujourd’hui et toucher une certaine vérité dans ses personnages, notamment adolescents, et les contrastes de perception entre strates de la société.

Le monde décrit par Despentes est un monde noir, une société déjà explosée qui n’a pas d’avenir.

De manière assez intéressante, les 2 livres de Houellebecq et de Despentes ont des similitudes. En élargissant le spectre de leurs livres respectifs, ils ont l’ambition de décrire une certaine société occidentale, même si c’est de manière diamétralement opposée. Les personnages ne sont pas forcément plus sympathique que chez Houellebecq.

Bref, un bon polar, marqué par notre époque, même si je trouve que la fin est un peu exagérée, voire grand spectacle, sans que cela apporte quoi que ce soit.


Apocalypse bébé – PRIX RENAUDOT 2010

Virginie Despentes. Grasset 2010, Broché, 352 pages, € 10,90

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Détestable

Posté par Christian le 11 janvier 2011

Il ne faut pas juger la qualité d’un écrivain à l’aune de sa personnalité, c’est avec cette phrase que de nombreux critiques justifiait la lecture de La carte et le territoire de Michel Houellebecq, ajoutant que c’était le meilleur livre de l’auteur.

Soit. J’ai donc lu ce livre, Prix Goncourt 2010, avec un esprit curieux, confiant, malgré toutes mes réticences à l’égard de l’auteur.

L’histoire, c’est la vie d’un artiste, Jed Martin, depuis sa naissance d’artiste à sa mort. On assiste à la « création » de son art, sa transformation au fil du temps et de l’inspiration, et à sa vie d’homme, ses rencontres, notamment avec un écrivain célèbre, Michel Houellebecq lui-même.

Je ne laisserai pas durer le suspens sur mon opinion sur le livre : c’est une histoire  détestable sur des personnages détestables écrit par un écrivain détestable, mais c’est le livre d’un grand écrivain.

Houellebecq réussit à rendre compréhensible et accessible la création de l’artiste Jed Martin. Sans avoir jamais vu aucune des oeuvres de Jed Martin, les descriptions qu’en donne l’auteur les rendent réalistes, et si demain, on en voyait une dans la vitrine d’une galerie, je suis certain que je reconnaîtrai une oeuvre de Jed Martin.

Au delà, il y a une réflexion sur la création et l’art, leur rapport complexe au temps, sur les mécanismes de l’inspiration et de la création. Réflexion, à la fois érudite et simple, complexe et accessible.

Tout cela est intéressant, bien écrit et rend accessible une réalité assez intangible qui est celle de l’oeuvre et de sa création.

Mais, bon sang, que les personnages sont détestables, que leur mise en scène est petite, voire basse.

Et que dire, de la mise en scène de Houellebecq, personnage de roman, par Houellebecq écrivain. Est-ce nécessaire ? On ne peut pas dire que l’écrivain ait donné se soit donné le beau rôle, mais la recherche du sordide humain, n’est pas forcément ce qu’on cherche à tout prix dans un roman.

Quelque part, cela en dit long sur l’homme Houellebecq, car, finalement, le roman ne sert-il pas à dire : merci de me statufier, je suis un artiste.

Alors, faut-il le lire si on n’est pas particulièrement attiré sur les mystères de la création artistique ?

Oui, si on fait abstraction de ce qui est détestable dans ce livre, car au milieu de tout ce fatras, il y a des pages admirables, d’une densité émotionnelle extraordinaire, qu’il faut avoir lues. C’est peu dans le roman, c’est beaucoup pour un lecteur.

Un dernier mot : parlant de Houellebecq, je ne peux pas ne pas penser à Céline, personnage lui-même détestable, mais dont la lecture de Voyage au bout de la nuit reste dans ma mémoire.


La carte et le territoire – PRIX GONCOURT 2010

Michel Houellebecq. Flammarion 2010, Broché, 450 pages, € 12,00


Voyage au bout de la nuit

Louis-Ferdinand Céline. Gallimard 1972, Poche, 505 pages, € 7,98

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Mer

Posté par Christian le 12 novembre 2010

Je fais partie de ces lecteurs ou spectateurs dont l’émotion s’exprime par des larmes.

Le roman Les Déferlantes de Claudie Gallay fait partie de ces quelques livres dont la conclusion contient des pages d’une telle justesse que de cette vérité nait l’émotion.

C’est pourtant peut dire que ce roman ne cherche ni à impressionner, ni l’émotion facile.

Dans un style très particulier, fait de phrases très courtes, l’auteur réussit à rendre une ambiance. Le style peut peut-être gêner le lecteur habitué à de grandes grandes descriptions, on peut s’étonner de cette accumulation de petits détails, mais je suis fondamentalement certain qu’aucun autre style ne correspondrait à ce livre.

Histoire de vies et de morts, de vivants et de morts, dans le village de La Hague, avec la mer, son ciel, ses oiseaux et ses hommes, chaque mot, chaque ligne, chaque page, construit patiemment , lentement, les personnages, leur histoire, leur mémoire, du passé au présent.

Aucun personnage, même secondaire, n’échappe à la justesse de sa description. Même le silence prend une consistance.

Un grand et beau livre à lire au coin du feu.


Les déferlantes

Claudie Gallay. J’ai lu 2010, Broché, 480 pages, € 6,50

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Afrique

Posté par Christian le 25 septembre 2010

Magie de la littérature : on prend un livre, au hasard (enfin, presque), parce que le titre vous plait, et, finalement, on ne regrette pas d’avoir choisi ce livre qu’on a pris un grand plaisir à lire.

C’est ce qui vient de m’arriver avec Mais le fleuve tuera l’homme blanc, de Patrick Besson.

Je ne connaissais pas Patrick Besson, mais mon goût pour l’Afrique m’avait attiré vers le titre. Les commentaires entendus sur le dernier livre de Patrick Besson, Le Plateau télé: Chronique du temps passé devant la télévision, tiré des ses critiques dans Le Figaro, avaient, de leurs côtés, réveillés mon attention.

Aucune déception, donc, à la lecture, de découvrir, à la fois, un polar, un histoire politique, et le style de Patrick Besson.

Entre Congo (Brazzaville) et République Populaire du Congo (ex-Zaïre, Kinshasa), ces deux ex-colonies, respectivement Française et Belge, l’auteur revient sur une page de l’histoire africaine de ces 20 dernières années et le rôle de la France, au travers de ses quatre personnages, un coopérant spécialiste du pétrole, un conseiller des présidents africains, une expatriée russe installée depuis longtemps, et une ex-agente des services secrets français, ainsi que tous les acteurs noirs qui gravitent autour d’eux

Patrick Besson réussit à décrire le particularisme de l’homme blanc qui a choisi (?) l’Afrique, en même temps que la réalité d’une Afrique multiple. Cette opposition entre les blancs et noirs, entre l’individualisme et l’argent d’un côté, et la multitude et la débrouille de l’autre,est fondamentale. On la retrouve dans Combat de Nègre et de Chiens, la pièce de Bernard-Marie Koltès, revue récemment dans une mise en scène impeccable au Théâtre de La Coline  à Paris.

Le livre est-il construit sur cette dualité : entre les 2 pays, entre 2 capitales, entre 2 rives du fleuve Congo, entre blancs et noirs, entre hommes et femmes, entre 2 ethnies, hutus et tutsies ? Je ne saurai dire.

En tout cas, en remettant en perspective l’origine du conflit et du génocide qui a opposé les Hutus et les Tutsis, c’est à une nouvelle compréhension de l’Histoire récente que nous amène Patrick Besson. Le détailler ici, le remettre en perspective de ce qu’on sait du Rwanda, ferait perdre une partie de la richesse du livre.

A lire donc, avec l’esprit curieux


Mais le fleuve tuera l’homme blanc

Patrick Besson. Points 2010, Broché, 504 pages, € 2,40


Le Plateau télé

Patrick Besson. Fayard 2010, Broché, 999 pages, € 24,69


Combat de nègre et de chiens

Bernard-Marie Koltès. Editions de Minuit 1990, Broché, 125 pages, € 9,50

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Terreur

Posté par Christian le 8 juillet 2010

Au travers des récits croisés de la vie, de l’arrestation, des interrogatoires et de la déportation du poète russe, Ossip Mandelstam, Robert Littell décrit, dans L’hirondelle avant l’orage, le quotidien du stalinisme.

Soit la forme de descriptions à la première personne du singulier, comme si Littell avait recueilli les confidences des protagonistes, un lutteur de foire, le garde du corps de Staline, Mandelstam lui-même, sa femme et sa muse, Nadejda, sa meilleure amie, l’horreur de l’arbitraire et de l’asservissement intellectuel prend forme dans le Moscou des années trente.

Roman à la fois simple dans sa forme, riche dans contenu, et prenant quand à son sujet, L’hirondelle vaut aussi par l’humanité qui se dégage des personnages, Staline compris, et la sorte de fascination qu’exercent sur lui les grands poètes et écrivains russes qui sont les héros de livre.

Sur un sujet similaire, le film, Une exécution ordinaire, de Marc Dugain, avec une composition puissante et réussie de Staline par André Dussolier, raconte la même folie, la même paranoïa de Staline, à la veille de mourir. Si les protagonistes sont plus simples, une femme, médecin, le personnel de l’hôpital où elle travaille, et le mari de celle-ci (Edouard Baer, très bien), les principes de la dénonciation et de l’arbitraire sont les mêmes. Staline , à la fois humain et tout-puissant, dispose , sans souci de justice, des autres et de leur vie.


L’hirondelle avant l’orage

Cécile Arnaud (Traduction). Points 2010, Poche, 407 pages, € 2,03


Une Exécution ordinaire

Andre Dussolier (Interprète principal). StudioCanal 2010, DVD, € 4,99

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Pouvoir

Posté par Christian le 11 octobre 2009

J’avais rédigé il y a quelques mois une note sur Les Falsificateurs d’Antoine Bello en disant mon enthousiasme de cette idée d’un consortium de falsification de la réalité (CFR) qui modifie légerement et adroitement certains faits pour faire avancer un dossier.

Quelle motivation peut-il y avoir à consacrer des sommes importantes et l’énergie de ses agents à défendre la cause d’une peuplade aborigène injustement opprimée pour le profit de ceux qui exploitent ses richesses ou d’inventer une espèce rare de crustacé afin de protéger son environnement de la pollution industrielle ?

La suite, intitulée Les Eclaireurs, est plus ouvertement politique. Elle commence par l’examen de la candidature du Timor-Oriental aux Nations-Unies et permet de démontrer la compétence et l’efficacité des méthodes du CFR. Elle se poursuit avec les attentats du 11 septembre 2001 et la préparation de la guerre contre l’Irak.

Quel est le rôle du CFR ? Quelle est sa finalité ? Quelles sont ses motivations ? Quel est le droit qui justifie de modifier la réalité ?

Difficile de répondre à ces questions sans dévoiler la fin du livre.

Ce qui est fascinant dans le livre de Bello, c’est l’évidence de la foi en l’homme, dans le respect du libre-arbitre face a une responsabilité collective.

Si la notion d’honnête homme existe encore, ceux qui s’en réclame sauront après avoir lu le livre de Bello qu’ils ont raison et qu’ils portent les espoirs du monde de demain.


Les éclaireurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2009, Broché, 477 pages, € 19,93


Les falsificateurs

Antoine Bello. Gallimard 2008, Poche, 588 pages, € 7,99

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Honneur

Posté par Christian le 22 juillet 2009

Est-ce le hasard qui m’a fait acheter L’Armée des Ombres, de Joseph Kessel, le fait d’avoir parlé de Kessel avec une amie Professeur de Litérature, ou un effet inconscient lié au contexte politique actuel ?

Je ne regrette en tout cas pas cette lecture.

Ce qui aurait pu n’être qu’une allégorie du courage de la Résistance s’est avéré en réalité être un roman complexe, sur l’amour du l’Homme, sur le courage, sur la responsabilité, sur l’honneur, …

Si les actes de bravoure succèdent aux actes héroïques, si l’engagement des plus simples côtoie l’action des chefs de la Résistance, rien n’est tût du côté obscur de ce combat : assassinats, règlements de comptes, exécutions, … Les doutes et les actes de bravoures font de ce roman publié en 1943, en pleine guerre donc, un récit profondément humain.

On oublie certainement aujourd’hui l’ensemble des petites réalités que raconte le livre  et ce qui a pu conduire des gens aussi différents, de tout milieux sociaux, de toutes origine politique, ces femmes et ses hommes à accepter de quitter leurs familles, leurs enfants, à s’engager dans la Résistance, conscients de la mort possible, probable, mais conscient surtout qu’ils devaient se lever pour un idéal, se lever contre l’asservissement, se lever pour tous les autres …

Ces quelques rappels sur ce qu’est l’Honneur, ce que l’on peut et doit faire dans des circonstances extrêmes, résonnent en cette période de vide absolu du politique, des idéaux et de la notion de fraternité.


L’armée des ombres

Joseph Kessel. Pocket 1990, Poche, 253 pages, € 4,69


L’Armée des ombres

Lino Ventura (Interprète principal). StudioCanal 2008, DVD, € 5,94

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