Chance

Depuis 4 ans, le livre de Dominique Strauss-Kahn, 365 jours, publié à l’occasion de l’élection présidentielle de 2007, n’a pas quitté le bandeau droit de ce blog, preuve d’une certaine fidélité.

On ne va pas ici s’interroger sur la possible candidature de DSK. Mais, pour renouer avec une chronique politique, s’interroger sur les enjeux et les risques de la prochaine élection de 2012.

Le contexte d’aujourd’hui est particulier : révoltes démocratiques des populations des pays arabes, conflit en Côte-d’Ivoire, intervention des Nations-Unies en Libye, tremblement de terre et tsunami au Japon, dysfonctionnement majeur d’une centrale nucléaire au japon après le tsunami. On peut encore ajouter les crises économiques nées de la crises des sub-primes au USA qui continuent encore de secouer le système économique mondial.

Tous ces évènements, qu’ils soient indépendants ou non les uns des autres, touchent à 2 éléments fondamentaux de la vie en socité : la solidarité et, particulièrement, la solidarité internationale, et le bien-être des populations.

L’accumulation de ces évènements majeurs, dans une période de temps courtes, ne peuvent pas ne pas avoir un impact sur l’opinion publique, passée le temps de l’émotion et de la compassion, et donc,  sur l’analyse que ferons les candidats à l’élection présidentielle de l’état d’esprit des français et de la population en général.

3 lectures sont possibles :

la tentation du chacun pour soi : la situation est difficile, mobilisons nos forces pour apporter de l’aide à ceux qui sont les plus proches de nous –  la famille, les français.

le mirage de la grandeur : la France, grand pays historique, s’il en est, peut expliquer aux autres comment il faudrait agir, proposer des solutions, tout en n’ayant aucun moyen réel d’action.

l’exigence de la solidarité : les nations doivent, où que ce soit, apporter soutien et réconfort aux populations civiles, qui souffrent face aux évéènements, qu’ils soient climatiques ou militaires.

Bien sûr, le choix des mots n’est pas neutre et l’on voit bien où vont nos choix.

Mais, il ne s’agit pas de caricature, il s’agit de définir un système de valeurs.  D’un côté, le choix de l’individualisme et d’une forme de communautarisme. De l’autre, le recours à une forme aujourd’hui désuète d’envisager le monde comme un système hiérarchique où  certaines nations s’arrogent le droit de définir les principes et les méthodes.

Parce que nous sommes aujourd’hui dans un système mondialisé, parce que la puissance  économique de certains pays dépassent nettement leur influence morale ou militaire, la solidarité collective, effective, doit être un principe fondamental sur lequel repose la mise en place d’un équilibre et d’une évolution progressive des sociétés.

Solidarité, mais à quel prix ?

Quand certains pays de la Ligue Arabe s’engagent avec la France, la Grande-Bertagne et les USA pour faire appliquer la résolution 1973 des Nations Unies qui demande le cessez-le-feu en Libye et autorise les nations qui le souhaitent à prendre les mesures nécessaires pour protéger les populations civiles (cf le texte de la résolution et l’article de Wikipedia sur le sujet), est-ce que cela légitimerait que les peays occidentaux ferment les yeux sur la répression des  révoltes arabes ?

Quand les états sauvent le système économique mondial, faut-il qu’ils abandonnent aussi toutes exigences envers les entreprises et le système bancaire pour rétablir les profits d’avant ?

Quand l’attention immédiate va au secours des populations et à la réparation des dégâts provoqués par le tsunanmi, faut-il abandonner tout esprit critique sur le programme nucléaire et le risque absolu que représente les centrales nucléaires ?

Solidarité, donc, mais afin qu’elle serve de base à une évolution des systèmes et des mentalités.

C’est à cela que devrait s’atteler le prochain Président de la République Française : mobiliser la solidarité de tous, citoyens, entreprises et états  en l’appuyant sur 3 principes :

la formation d’abord, car il est impératif de donner aux jeunes, les moyens de trouver un place et de se développer dans une société en crise

l’environnement, ensuite, car il ne peut pas y avoir de développement dans une société qui se dégrade et qui dégrade la santé de ses habitants

les services publics, car il ne saurait y avoir de développement dans un pays où la monétisation, voire la prévarication ou le népotisme, des besoins des populations l’emportent sur le bien public.

Sur ces bases simples à expliquer, qui devraient être universelles, et dont le bénéfice peur rapidement être visible, il y a matière à un programme de gouvernement, à une mobilisation, nationale (la France), continentale (l’Europe) et internationale.

Espérons que ces thèmes seront au centre de la prochaine campagne présidentielle.

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