Tâche

Un article du New York Times publie par le supplément du Monde date du 2 mai 2009 fait frissonner.

Après avoir décrit le développement de la société californienne LiveOps, qui commercialise un centre d’appel (call center) virtuel où des employés traitent des appels depuis leur domicile, appels dirigés en priorité vers les opérateurs les plus productifs, pas seulement en termes de productivité (nombre d’appels traités) mais aussi en fonction de l’efficacité de l’opérateur, par exemple sa capacité à générer des ventes additionnelles.

Commentaire du PDG de LiveOps a propos des employés moins « bons » : « Personne n’est viré, ils ne reçoivent tout simplement plus de travail. »

On se croirait revenu au début du siècle (du moins en Europe) avec le travail payé à la tâche ! Et, ce, dans un monde éclaté où le lien entre salariés n’existe plus puisqu’ils sont à distance les uns des autres.

Conclusion de l’article sur ce thème justement : « Avant de se récrier face à l’horreur d’une économie qui se dirige vers des travailleurs payés à la minute en faisant un travail à la pièce sur la table de leur cuisine tout en étant surveillés en permanence par un ordinateur, soyez conscients que [LiveOps] n’a pas de difficultés à trouver des employés. (…) Il y a beaucoup plus de gens qui recherche ce mode de travail qu’il y a de postes [déclare le PDG de LiveOps]. »

Faut-il s’en rejouir ? C’est bien ce modèle libéral – puisque les gens en veulent, c’est donc que c’est bien – qu’il faut critiquer et qui échoue en ce moment !

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