Mon Président

Le blog d'un citoyen qui rêve d'un grand président de la république

  • Calendrier

    mai 2009
    L Ma Me J V S D
    « avr   juin »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    25262728293031
  • A lire

  • Catégories

  • Tags

  • RSS Le Monde

Archive pour mai, 2009

Filiation

Posté par Christian le 17 mai 2009

Malgré mon intérêt, j’avais boycotté le livre sur la présidentielle de Sarkozy, L’aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza. Non à cause du livre lui-même, mais pour ne pas cautionner ce président que je récuse en ajoutant à sa victoire électorale un succès de librairie.

2 ans après, l’occasion de sa sortie en poche me permet de le lire sans honte.

Quelle déception ! Certes, je suis dans une période Emmanuel Carrère, mais quand je pense a ce qu’il aurait pu faire du personnage de Sarkozy, et que n’a pas su rendre Yasmina Reza …

Non qu’elle passe à côté de son sujet, mais son style est lourd, sans cette empathie humaine que Carrère sait mettre.

J’avais aime Art au théâtre, peut-être grâce aux acteurs, Arditi, Lucchini et Vaneck. En les lisant, j’avais détesté la noirceur de Une désolation, et apprécié l’inéluctable du Dieu du carnage.

Dommage que cette proximité de Sarkozy n’est pas donne lieu à un texte mieux écrit. Mais, finalement, est-ce peut-être pour cela qu’il a accepté ?

Que retenir : le côte enfantin du personnage, sa volonté de gagner, son égocentrisme, son besoin de séduire ?

Pour faire bonne mesure, peut-être faudrait-il lire 20 000 euros sur Sego de Christophe Donner ? Mais c’est trop dur …


L’aube le soir ou la nuit

Yasmina Reza. J’ai lu 2009, Broché, 149 pages, € 4,74


Art

Yasmina Reza. Magnard 2002, Poche, 122 pages, € 4,20


Le dieu du carnage

Yasmina Reza. Michel albin SA 2006, Broché, 124 pages, € 12,50


20 000 euros sur Ségo !

Christophe Donner. Grasset & Fasquelle 2009, Broché, 246 pages, € 6,40

Posté dans Livre, Présidentielle 2007 | Pas de commentaires »

Manipulations

Posté par Christian le 8 mai 2009

Quelle formidable idée que celle d’Antoine Bello ! Une organisation, le Consortium de Falsification du Réel (CFR), emploie des agents dont le rôle, à côté de leur travail ordinaire, est d’introduire des éléments permettant de modifier la perception que l’opinion a de la réalité conformément aux objectifs définies par le CFR.

Cette idée prend toute sa force quand l’auteur s’appuie sur des événements connus, sur des thématiques moralement acceptables (la défense des minorités et de la diversité, la dénonciation des excès de la financiarisation de l’économie) et qu’on finit par se dire que, finalement, pourquoi pas …

Sans cesse en interrogation sur les enjeux moraux de cette activité occulte : pourquoi est-on falsificateur ? jusqu’où peut-on aller pour préserver une falsification ou l’existence secrète du CFR ou des ses membres ? quelles sont les finalités du CFR et l’origine de ses moyens ? Peut-on continuer à exercer sans le savoir ?

C’est cette justesse dans l’analyse et la compréhension des ressorts du falsificateur et du CFR qui font tout l’intérêt du livre d’Antoine Bello.

Extrait des Falsificateurs (pages 266-267, Folio no 4727)

Depuis le début des années quatre-vingt, (…) on assistait à une financiarisation de l’économie. (…) [Il] avait tenu à rappeler que le CFR ne contestait pas les mécanismes du capitalisme. « Ce qui nous préoccupe, avait-il expliqué, c’est que les acteurs de l’économie de marché semblent parfois aveuglés par leur foi dans la solidité du système. Ils oublient – ou font semblant d’oublier – que ces nouveaux instruments, s’ils fluidifient le march, le rendent aussi plus fragile. Certains traders prennent des positions si complexes qu’is ne sont même plus capables de chiffrer en cas de hausse ou de baisse brutale du dollar ou du pétrole.

Est-ce que cela ne reflète pas une certaine réalité, pour un livre dont l’édition originale date de mars 2008 ?


Les falsificateurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2008, Poche, 588 pages, € 7,00


Les éclaireurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2009, Broché, 477 pages, € 19,95

Posté dans Livre | Pas de commentaires »

Conscience

Posté par Christian le 1 mai 2009

Trop vite sorti de l’affiche à Paris, le film Frost/Nixon, l’heure de vérité, de Ron Howard, mérite d’être vue car, au-delà de l’histoire de l’interview de Richard Nixon, président déchu à la suite du scandale du Watergate, de sa morgue et de son arrogance face au journaliste David Frost, ainsi que de la qualité de l’interprétation et de la mise en scène du film, certains aspects du film ne manquent pas d’être très actuels.

Ainsi l’attitude de l’ex-président américain envers les media et les journalistes n’est pas sans rappeler celle d’un actuel président français.

Quand la position de Nixon sur la guerre au Cambodge et les raisons de la faire (la construction d’un « Pentagone de bambous »), c’est l’exact réplique de ce que dira plus tard George W. Bush à propos de l’Irak.


Frost Nixon

Franck Langella (Interprète principal). Universal Studio Canal Video 2009, DVD, € 5,90

Posté dans Cinéma | Pas de commentaires »

Tâche

Posté par Christian le 1 mai 2009

Un article du New York Times publie par le supplément du Monde date du 2 mai 2009 fait frissonner.

Après avoir décrit le développement de la société californienne LiveOps, qui commercialise un centre d’appel (call center) virtuel où des employés traitent des appels depuis leur domicile, appels dirigés en priorité vers les opérateurs les plus productifs, pas seulement en termes de productivité (nombre d’appels traités) mais aussi en fonction de l’efficacité de l’opérateur, par exemple sa capacité à générer des ventes additionnelles.

Commentaire du PDG de LiveOps a propos des employés moins « bons » : « Personne n’est viré, ils ne reçoivent tout simplement plus de travail. »

On se croirait revenu au début du siècle (du moins en Europe) avec le travail payé à la tâche ! Et, ce, dans un monde éclaté où le lien entre salariés n’existe plus puisqu’ils sont à distance les uns des autres.

Conclusion de l’article sur ce thème justement : « Avant de se récrier face à l’horreur d’une économie qui se dirige vers des travailleurs payés à la minute en faisant un travail à la pièce sur la table de leur cuisine tout en étant surveillés en permanence par un ordinateur, soyez conscients que [LiveOps] n’a pas de difficultés à trouver des employés. (…) Il y a beaucoup plus de gens qui recherche ce mode de travail qu’il y a de postes [déclare le PDG de LiveOps]. »

Faut-il s’en rejouir ? C’est bien ce modèle libéral – puisque les gens en veulent, c’est donc que c’est bien – qu’il faut critiquer et qui échoue en ce moment !

Posté dans No comment | Pas de commentaires »