Imagination

J’avoue avoir un problème avec l’émission Le Masque et La Plume sur France Inter, particulièrement lorsqu’elle est consacrée aux livres.

Autant j’apprécie l’intelligence et la diversité des critiques présents, autant j’adhère à la passion des livres qui anime Jérôme Garcin, autant j’ai découvert des auteurs passionnants comme Jean Rolin, autant je suis surpris du total désaccord sur certains livres qui font l’unanimité des critiques du Masque.

Alors que cette unanimité devrait être le signe d’une probable justesse du jugement, mon désaccord me surprend encore plus !

Ainsi le dernier livre de Paul Auster, Seul dans le noir, qui a été descendu par les critiques, m’est apparu comme un livre passionnant.

Bon, j’aime depuis longtemps Paul Auster, et, comme dans une note précédente consacrée a Amélie Nothomb, peut-être suis-je biaisé ?

C’est certainement un livre étrange qui mélange différents plans.

Au cours d’une nuit d’insomnie, Auster conte l’histoire d’un vieil écrivain invalide, de sa fille et de sa petite fille, chacun ayant perdu l’être aimé.

L’amour est présent dans chaque page du livre, toujours bousculé par le temps et l’Histoire.

Et c’est justement cette dialectique qui est intéressante et qu’Auster illustre au travers de ses histoires imbriquées.

Premier plan : une analyse (brillante) de l’art de l’ellipse au travers de l’objet au cinéma pour illustrer l’état du rapport au sein du couple. Auster connaît et aime le cinéma (il faut lire un de ses meilleurs livres, Le Livre des Illusions)

Deuxième plan : une histoire, imaginée par le vieil écrivain pendant son insomnie, mais ô combien réelle, d’un homme plongé dans la violence de son temps et prêt à abdiquer son âme, à tuer, pour sauver sa femme.

Troisième plan : les histoires de l’amour de l’écrivain et de différents protagonistes, dont sa fille et sa petite fille, histoires perturbées par la vie, le temps et l’Histoire.

Et une conclusion, la vie continue malgré la folie de la vie.

Le style, la narration, les problématiques de la responsabilité face à la violence, à la guerre et à la mort, font de ce livre un livre passionnant.

Si on est un spécialiste de Paul Auster, peut-être pourra-t-on en préférer d’autres, mais pour le lecteur que je suis et pour qui aime la lecture, je recommande ce livre.

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