Mon Président

Le blog d'un citoyen qui rêve d'un grand président de la république

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Archive pour avril, 2009

Vies

Posté par Christian le 26 avril 2009

Il y a des livres dont on parle parce qu’ils sont importants et qu’on veut qu’ils soient lus, comme par exemple, L’Attentat de Yasmina Khadra, d’autres fragiles, dont on veut qu’ils soient lus ou qu’ils aient leurs chances (Seul dans le Noir de Paul Auster).

Pour certains, il vaudrait mieux qu’on n’en parle pas pour ne pas risquer de détruire par des mots inappropriés l’équilibre que le livre a réussi à créer.

C’est le cas de D’autres Vies que la Mienne de Emmanuel Carrère.

On pourra lire ailleurs, le sujet et l’enjeu du livre.

Je ne voudrais retenir que l’extrême justesse du récit, la façon des les acteurs sont restitués dans leur plénitude, l’équilibre des éléments de contexte qui permettent de comprendre, d’appréhender les gens et les actes.

Alors que le livre pourrit être triste ou désespérant, c’est finalement la vie qui l’emporte.

« Lorsqu’on a trouvé son point d’appui, la vie apparaît, …, miraculeuse »

Note du 14/05/2009

Je viens de terminer L’adversaire, livre sur Jean-Claude Romand qui a tué sa femme, ses 2 enfants et ses parents après avoir menti pendant près de 20 ans sur sa fausse vie de médecin. Quelle justesse à nouveau, quelle écriture qui nous permet de comprendre les personnages, ce qui les animent, leurs fêlures secrètes. On saura probablement jamais si l’analyse, la compréhension de Emmanuel Carrère est la bonne. Mais sa capacité à restituer la psychologie des gens en quelques lignes est formidable.


D’autres vies que la mienne

Emmanuel Carrère. POL 2009, Broché, 309 pages, € 18,00


L’Adversaire

Emmanuel Carrère. Gallimard 2002, Poche, 219 pages, € 4,00


L’Adversaire

Daniel Auteuil (Interprète principal). Studio Canal 2007, DVD, € 9,98

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Imagination

Posté par Christian le 8 avril 2009

J’avoue avoir un problème avec l’émission Le Masque et La Plume sur France Inter, particulièrement lorsqu’elle est consacrée aux livres.

Autant j’apprécie l’intelligence et la diversité des critiques présents, autant j’adhère à la passion des livres qui anime Jérôme Garcin, autant j’ai découvert des auteurs passionnants comme Jean Rolin, autant je suis surpris du total désaccord sur certains livres qui font l’unanimité des critiques du Masque.

Alors que cette unanimité devrait être le signe d’une probable justesse du jugement, mon désaccord me surprend encore plus !

Ainsi le dernier livre de Paul Auster, Seul dans le noir, qui a été descendu par les critiques, m’est apparu comme un livre passionnant.

Bon, j’aime depuis longtemps Paul Auster, et, comme dans une note précédente consacrée a Amélie Nothomb, peut-être suis-je biaisé ?

C’est certainement un livre étrange qui mélange différents plans.

Au cours d’une nuit d’insomnie, Auster conte l’histoire d’un vieil écrivain invalide, de sa fille et de sa petite fille, chacun ayant perdu l’être aimé.

L’amour est présent dans chaque page du livre, toujours bousculé par le temps et l’Histoire.

Et c’est justement cette dialectique qui est intéressante et qu’Auster illustre au travers de ses histoires imbriquées.

Premier plan : une analyse (brillante) de l’art de l’ellipse au travers de l’objet au cinéma pour illustrer l’état du rapport au sein du couple. Auster connaît et aime le cinéma (il faut lire un de ses meilleurs livres, Le Livre des Illusions)

Deuxième plan : une histoire, imaginée par le vieil écrivain pendant son insomnie, mais ô combien réelle, d’un homme plongé dans la violence de son temps et prêt à abdiquer son âme, à tuer, pour sauver sa femme.

Troisième plan : les histoires de l’amour de l’écrivain et de différents protagonistes, dont sa fille et sa petite fille, histoires perturbées par la vie, le temps et l’Histoire.

Et une conclusion, la vie continue malgré la folie de la vie.

Le style, la narration, les problématiques de la responsabilité face à la violence, à la guerre et à la mort, font de ce livre un livre passionnant.

Si on est un spécialiste de Paul Auster, peut-être pourra-t-on en préférer d’autres, mais pour le lecteur que je suis et pour qui aime la lecture, je recommande ce livre.


Seul dans le Noir

Christine Le Boeuf (Traduction). Actes Sud 2009, Broché, 324 pages, € 10,00


Le livre des illusions

Paul Auster. Actes Sud 2003, Poche, 382 pages, € 4,98

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