Humanité

Médecin, humanitaire, écrivain, ambassadeur, Jean-Christophe Rufin est certainement une personnalité. Ce livre de mémoire, témoignage d’une époque et de l’évolution de la personnalité de l’auteur, est intéressant. Au moins dans sa 1ère partie, le livre témoigne d’un réel humanisme qui rend et l’auteur et son histoire sympathiques. Une forme d’humour et de sincérité en font un livre agréable à lire.

Les choses se corsent un peu ensuite à partir de la création de Médecins Sans Frontière (MSF). Si l’auteur ne se rend pas systématiquement sympathique, il a une forme de déni du politique dans son approche et dans son comportement qui sont incompréhensibles pour l’homme de gauche que je suis. Peut-être effectivement n’y a-t-il pas lieu pour un humanitaire de s’engager politiquement, ni même de voir la réalité sous l’angle politique, mais c’est toujours chez les gens de droite qu’on ne fait pas de politique.

Je ne jugerai pas l’écrivain, n’ayant jamais lu ses précédents romans, mais ces mémoires sont d’une lecture agréable du point de vue du style, à défaut de l’être (sur la fin) au niveau de l’Histoire.

Un extrait :

Et, confusément encore, je compris que je voulais, moi aussi, avoir à faire à tout l’homme. Jamais je ne pourrai consacrer ma vie à de simples morceaux de la mécanique humaine. L’être humain qui m’intéressait était celui qui vivait en société, interagissait avec les autres, capables, certes de maladie, de foi, de partage et d’affrontements .

Et un autre :

(…) Il se  sent « arrivé » mais où ? La modestie du présent, la déception qu’il contient n’auraient rien de grave si, rétrospectivement, elles ne rendaientpas le passé dérisoire, qui était tout entier tendu vers ce but, cet idéal.

Jean-Christophe RufinUn léopard sur le garrot, Chronique d’un médecin nomade, Gallimard, 2008

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