Marie-Antoinette

Je viens de terminer la biographie de Marie-Antoinette, de Antonia Fraser, publiée chez Flammarion, qui a servit d’inspiration au film éponyme de Sofia Coppola.

L’auteur de la biographie dépeint une Marie-Antoinette subissant son rôle de reine, entre la pression politique de son mentor autrichien pour qu’elle influence la politique du roi Louis XV, puis de son mari Louis XVI, dans un sens favorable à l’Autriche, la pression morale de sa mère l’Impératice Marie-Thérèse pour qu’elle cimente le mariage, qu’elle a organisé, par la maternité (d’un héritier mâle).

Trop jeune et mal préparée à être la dauphine d’abord, puis jeune reine trop insouciante ou « romantique », et enfin, trop symbolique pour les révolutionnnaires, le personnage de Marie-Antoinette est, à lire Antonia Fraser, attachant. Comment être « Première Dame » (First Lady) dans un monde finissant, avec un mari falot, face aux pesanteurs et rituels de Versailles ? Cette question n’est probablement pas différente de celle que doivent se poser les épouses de Président, chacune devant trouver sa propre réponse sans qu’aucune règle ne soit, en France, écrite. En attendant que ce soit un mari qui devienne la première « First Lady » 😉

Marie-Antoinette, fut, semble-t-il, une protectrice des arts, particulièrement de la musique. Influencée, notamment, par Rousseau, elle organisa autour du Petit Trianon, un monde « idyllique » et une société d’amis.

Jusqu’à la fin, elle a défendu l’unité de sa famille, refusant de quitter son mari, ses enfants, et de fuir le sol de France.

Si la biographie se lit facilement et permet de comprendre Marie-Antoinette et sa psychologie, on reste sur sa faim quand à l’arrière-plan historique de cette période. Si le texte contient beaucoup de détails rapportés par les journaux intimes et les lettres de proches de Marie-Antoinette, c’est essentiellement pour mieux décrire la vie de celle-ci plutôt que de nous faire comprendre le contexte d’une époque. C’est le propre d’une biographie, je suppose, mais c’est parfois frustrant.

L’auteur revient sans arrêt, avec une instance qui est génante et des détails inutiles, sur la vie sexuelle de Marie-Antoinette décrite dans les pamphlets qui circulaient à l’époque pour dénigrer « l’Autrichienne ».

A la biographie, je préfère de beaucoup le film de Sofia Coppola qui se centre sur la période allant du mariage de Marie-Antoinette à son départ de Versailles pour les Tuileries en juin 1789. Si la trame et le personnage sont les mêmes, la réalisatrice a su rendre une atmosphère et à donnner corps au personnage féminin décrit dans la biographie.

Cette insouciance et cette « modernité » de Marie-Antoinette transparaît remarquablement au travers de la mise en scène de Sofia Coppola par le choix de la musique et du montage. La reconstitution de Versailles, des costumes aux rituels, dans des décors somptueux donne une idée de ce que devait être la vie « royale » en cette fin de XVIIIème siècle.

On ne peut s’empêcher de penser, en imaginant le contraste entre la frivolité de la vie de ces princes et la dureté de la vie des gens normaux, qu’on a probablement bien fait de leur couper la tête.

Marie-Antoinette

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