Mon Président

Le blog d'un citoyen qui rêve d'un grand président de la république

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Justesse

Posté par Christian le 7 mars 2010

Découverte et enchantement avec le film Une Education de Lone Sherfig avec Peter Sarsgaard et Carey Mulligan.

L’histoire de l’apprentissage amoureux d’une jeune lycéenne de 16 ans, dans une Angleterre encore guindée de 1962 où la femme n’a d’autres choix que de trouver un bon mari ou d’enseigner, est traitée avec une justesse, une luminosité que Carey Mulligan donne à son personnage.

Au-delà d’une simple histoire d’amour, le film sait respecter ses personnages et son histoire sans transiger sur le regard détaché, jamais dupe, un  brin cynique que les anglo-saxons savent porter sur leurs propres travers.

Sans parler d’une chronique sociale car c’est de l’Amour dont il s’agit, de l’autre, de l’existence, de la vie, de soi, ce sont les prémices d’une transformation, d’une autre culture, d’une autre classe sociale, que rend avec beaucoup de justesse et de fraicheur le film.

Porté par une bande son aux tonalités jazzy et à la french touch de Juliette Gréco, c’est un vrai plaisir qui accompagne ce film.

Affiche du film Une Education

Affiche du film Une Education


© Metropolitan FilmExport

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Fraternité

Posté par Christian le 20 janvier 2010

De quels ingrédients sont faits les grands films ?

Cette question qui tourmente régulièrement l’auteur de cette note, que ce soit en matière de cinéma ou de littérature, s’applique totalement au dernier film de Francis Ford Coppola, Tetro.

Sur fond d’une histoire relativement banale et déjà vue, Coppola ajoute un opus majeur à une filmographie qui compte de nombreux chefs d’œuvre.

Toute la réponse à la question du début se trouve dans ce film, dans ce que l’auteur ajoute au scénario pour en faire une œuvre personnelle.

Avec une image magnifique, en noir et blanc, avec des cadres d’une structure remarquable où les ombres et les reflets ajoutent sans cesse à l’élément principal, avec des plans formidables d’une Argentine intemporelle, avec des personnages passionnants, notamment celui de la compagne du frère ainé, tout en touches et constructions successives, Coppola construit une histoire de famille, dont on dit qu’elle hérite de son histoire personnelle.

C’est probablement un film que le cinéphile voudra voir à de nombreuses reprises, pour en comprendre la structure interne, en 3 ou 4 actes, ou la construction de chaque plan.

Ce ne serait qu’une œuvre d’auteur, si il n’y avait, en supplément, des personnages et surtout des acteurs qui passent successivement du mystère à la fêlure, s’acheminant vers une conclusion dont on ne devine pas l’issue même si on en découvre facilement les ressorts.

Vincent Gallo, en mystérieux écrivain et, découverte pour moi, Maribel Verdu, forment un couple d’une grande force , dont Coppola, auteur de cette histoire familiale, orchestre chaque pat, par l’image, la musique, la scénographie et la mise en scène.

Une œuvre magistrale !

Affiche du film Tetro de Francis Ford Coppola
Affiche du film Tetro de Francis Ford Coppola


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Humanité

Posté par Christian le 13 décembre 2009

Que reste-t-il quand il ne reste plus rien ?

L’Homme, l’être humain.

De 2012 à La Route, le cinéma américain s’est à nouveau saisi de la thématique du cataclysme qui détruit l’espèce humaine, pratiquement en totalité.

On peut constater d’ailleurs, qu’au fil du temps, le nombre de morts augmente : l’hémisphère Nord dans Le Jour d’Après (déjà de Roland Emmerich en 2004), quelques zones américaines et d’Europe du Nord dans Deep Impact en 1998.

Quel que soit le traitement, grand spectacle pour 2012 ou émotion pour La Route, le message reste le même : quel que soit l’horreur, quels que soient les risques, il faut garder son humanité intacte, pardonner et faire de la conscience d’autrui le socle fondateur du renouveau, faire partie des « gens biens ».

Dans une thématique similaire, la fin du monde, Prédictions de Alex Proyas, s’en remet lui à un extra-terrestre pour préserver l’humanité après la fin du monde dans une parodie de Paradis. Les dernières minutes du film sont d’un risible achevé, …, passons.

Faut-il bouder son plaisir et éviter l’un comme l’autre ?

Les 2h40 de 2012 peuvent faire peur, a priori, mais passent plutôt bien. Certes, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et donc la belle famille américaine est sauvée et de nouveau réunie dans son intégr(al)ité (en supprimant par facilité le gênant et héroïque nouveau mari de l’héroïne) et le méchant (milliardaire russe) devra mourir nous sans avoir accompli lui aussi un geste spectaculaire, celui de sauver l’un de ses (obèses et stupides) rejetons, et le (scientifique) sauveur du monde saura séduire l’accorte et consciente fille (orpheline) du président des Etats-Unis. C’est du grand spectacle, avec suspense, inscrit dans l’air du temps (les chinois sauvent la planète en échange de rien) mais cela marche et c’est bien fait. Autant aller s’inspirer des débats moraux du film (jusqu’où peut-on aller pour cacher une vérité, qu’est-ce qui est autorisé pour éviter le chaos et l’anarchie ?) au cas où une situation similaire survenait.

De son côté, la lecture préalable du roman La Route de Cormac McCarthy pouvait faire craindre le pire quand à son adaptation cinématographique. Et, de fait, le résultat est mitigé. Par moment, l’atmosphère de désolation du livre est assez bien rendue par des décors de destruction et des paysages ravagés. Cependant, ce qui est suggéré dans le livre par les mots, est bien trop présent à l’écran. Alors que la couleur dominante du livre est le gris, la couleur, notamment le rouge, est par trop présente dans le film. Enfin, et ce sera mon reproche majeur, alors que le livre est aussi un roman d’apprentissage où le père transmet à son fils les clés pour qu’il survive en gardant sa force intérieure, et que celui-ci le ramène sans cesse à son humanité, aux limites de ce qu’il est bon de faire, le film ne parvient pas à rendre cet échange entre le père et le fils, probablement pas à cause des acteurs, que par la faute d’une mise en scène peu inspirée et qui cède, ici trop facilement, aux canons de la filmographie américaine.


2012 – Edition simple

John Cusack (Interprète principal). Gie Sphe-Tf1 2010, DVD, € 14,98

affiche du film La Route

affiche du film La Route


Deep impact

Robert Duvall (Interprète principal). DreamWorks 2006, DVD, € 4,00


Le Jour d’après

Dennis Quaid (Interprète principal). Fox Pathé Europa 2004, DVD, € 4,00


Prédictions

Nicolas Cage (Interprète principal). W.H.V. 2009, DVD, € 13,49

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Cécité

Posté par Christian le 14 octobre 2009

Éditorial surréaliste d’Eric Fottorino dans Le Monde daté du 14 octobre 2009 à propos de la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD.

Si la tonalité de l’article est assez conforme à ce que je pense de l’indécence de cette candidature, la conclusion laisse rêveur sur les dérives (passées ?) du Monde :

Quel brouillage d’image, quel gâchis pour un président épris de réformes et de modernité ! Où est passé le candidat Sarkozy qui vantait avec conviction en janvier 2007 « la République irréprochable » ?

Sans rire ?!? Qui a pu douter que le discours du candidat n’était que de façade et destiné à séduire un électorat qui n’était ni acquis, ni déjà séduit ? Un discours uniquement réduit a la fonction de ringardiser la gauche, à contrer la modernité de son candidat (je rappelle que mon candidat était Dominique Strauss-Kahn).

Apparemment, Le Monde s’y était laisse prendre !

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Espoir

Posté par Christian le 11 octobre 2009

Le Prix Nobel de la Paix décerné à Barak Obama est un formidable espoir à cause justement de ce que certains lui reproche :  il fait le pari de la réussite, de l’avenir plutôt que de récompenser le passé.

Tous nos vœux de réussite, Monsieur Le President !

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Pouvoir

Posté par Christian le 11 octobre 2009

J’avais rédigé il y a quelques mois une note sur Les Falsificateurs d’Antoine Bello en disant mon enthousiasme de cette idée d’un consortium de falsification de la réalité (CFR) qui modifie légerement et adroitement certains faits pour faire avancer un dossier.

Quelle motivation peut-il y avoir à consacrer des sommes importantes et l’énergie de ses agents à défendre la cause d’une peuplade aborigène injustement opprimée pour le profit de ceux qui exploitent ses richesses ou d’inventer une espèce rare de crustacé afin de protéger son environnement de la pollution industrielle ?

La suite, intitulée Les Eclaireurs, est plus ouvertement politique. Elle commence par l’examen de la candidature du Timor-Oriental aux Nations-Unies et permet de démontrer la compétence et l’efficacité des méthodes du CFR. Elle se poursuit avec les attentats du 11 septembre 2001 et la préparation de la guerre contre l’Irak.

Quel est le rôle du CFR ? Quelle est sa finalité ? Quelles sont ses motivations ? Quel est le droit qui justifie de modifier la réalité ?

Difficile de répondre à ces questions sans dévoiler la fin du livre.

Ce qui est fascinant dans le livre de Bello, c’est l’évidence de la foi en l’homme, dans le respect du libre-arbitre face a une responsabilité collective.

Si la notion d’honnête homme existe encore, ceux qui s’en réclame sauront après avoir lu le livre de Bello qu’ils ont raison et qu’ils portent les espoirs du monde de demain.


Les éclaireurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2009, Broché, 477 pages, € 17,00


Les falsificateurs

Antoine Bello. Editions Gallimard 2008, Poche, 588 pages, € 8,17

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Images

Posté par Christian le 6 août 2009

Je parle dans une note précédente du Trio Joubran dont j’ai découvert la musique à l’occasion du film Adieu Gary de Nassim Amaouche.

En cherchant des musiques du trio, je suis tombé sur cette vidéo YouTube. Le trio est clairement engagé pour la Palestine et auprès de l’Autorité Palestinienne, et de son président, M. Mahmoud Abbas.

Les photos qui accompagnent la musique de cette vidéo reflètent une réalité. Elle nous fait cependant réfléchir à la notion de propagande, ce qui n’enlève rien à la qualité de la musique et la justesse du combat.

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Changements

Posté par Christian le 6 août 2009

Il faut aller voir Adieu Gary de Nassim Amaouche avec Jean-Pierre Bacri.

D’abord parce que c’est un beau film très bien filmé et mis en images. Le lieu, un ville dont le temps s’est arrêté avec l’usine qui a ferme, le décor, des batiments murés, une usine déserte, de grandes avenues de platanes, vides, poussiéreuses, comme le sont les rues principales des villes de western.

Ensuite, pour l’histoire, celle d’un homme, fier de son travail, et d’un fils qui cherche comment rebondir. peu de mots. Mais le travail quotidien de l’homme, pour construire sa machine, pour aller au bout des ses rêves.

Pour les idées, enfin, car dans ce village où tout semble s’être arrêté, à l’image de cet adolescent mutique, attendant son père parti et regardant les films de Gary Cooper, la vie est là, dans le désir d’une fille, dans les petits trafics des uns et des autres, dans l’aspiration sociale d’un nouvel arrivant, cette vie qui va recréer le mouvement et permettre à chacun d’aller de l’avant.

Je n’oublierai pas de sitôt l’un des formidables plans qui clôt ce film, les ablutions, filmées en très gros plan, de l’un des vieux ouvriers du village, avant de se rendre à la mosquée. Mosquée de fortune qui a remplacé les syndicats dans la Maison du Peuple, mais qui ramène la vie, l’espoir et les jeux des enfants.

A signaler pour finir, la musique envoutante du Trio Joubran qui accompagne le film.

Le Trio Joubran : http://www.letriojoubran.com

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Recommencements

Posté par Christian le 25 juillet 2009

Peut-on encore faire une note sur le film Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui, plusieurs mois après sa sortie en salle ?

Oui, car il faut parler de ce film quand on aime la politique, le cinéma, la littérature et les gens.

Ceux qui ont l’amabilité de venir de temps en temps lire une note sur Mon Président savent bien ce blog ne parle que de cela, de la politique, du cinéma, de littérature et des gens !

Fraichement entrée en politique et parachutée dans sa région natale au nom de la parité, Agathe Villanova (Agnès Jaoui) renoue avec un passé qu’elle avait tenu éloigné, sa sœur Florence et sa vieille nourrice algérienne, Mimouna, et le souvenir de leur mère, morte depuis un an. Elle est interviewée, pour un documentaire sur les femmes qui ont réussi, par Karim (Jamel Debbouze), le fils de sa nourrice et Michel Ronsart (Jean-Pierre Bacri), lequel est amoureux de la soeur d’Agathe.

Loin d’un vaudeville, le film dresse par petites touches le portrait et la complexité de chacun des personnages.

Politique, parce que le film montre une certaine réalité de la vie d’un responsable politique, avec ses doutes, ses contraintes, le regard des autres, l’incompréhension souvent.

Cinéma et littérature, car loin d’un film d’action, c’est par de petites scènes construites sur presque rien que se dessinent les personnages et leur évolution.

Les gens, car il faut justement les aimer beaucoup pour faire sentir la complexité qui les animent et ne pas les caricaturer. Aucunes des situations, aucunes des transformations qui concluent le film ne sont artificielles, justement grâce à cette humanité qu’a su installer Agnès Jaoui.

Et ce qui ne gâche rien, on rit beaucoup, aussi bien de l’insolence de Jamel Debbouze, que de la balourdise de Jean-Pierre Bacri ou du désarroi de Agnès Jaoui.

Parlez-moi de la pluie … ou du beau temps car les jours succèdent aux jours et tout recommence, et tout continue.


Parlez-moi de la pluie

Agnes Jaoui (Interprète principal). Universal Studio Canal Video 2009, DVD, € 8,88

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Honneur

Posté par Christian le 22 juillet 2009

Est-ce le hasard qui m’a fait acheter L’Armée des Ombres, de Joseph Kessel, le fait d’avoir parlé de Kessel avec une amie Professeur de Litérature, ou un effet inconscient lié au contexte politique actuel ?

Je ne regrette en tout cas pas cette lecture.

Ce qui aurait pu n’être qu’une allégorie du courage de la Résistance s’est avéré en réalité être un roman complexe, sur l’amour du l’Homme, sur le courage, sur la responsabilité, sur l’honneur, …

Si les actes de bravoure succèdent aux actes héroïques, si l’engagement des plus simples côtoie l’action des chefs de la Résistance, rien n’est tût du côté obscur de ce combat : assassinats, règlements de comptes, exécutions, … Les doutes et les actes de bravoures font de ce roman publié en 1943, en pleine guerre donc, un récit profondément humain.

On oublie certainement aujourd’hui l’ensemble des petites réalités que raconte le livre  et ce qui a pu conduire des gens aussi différents, de tout milieux sociaux, de toutes origine politique, ces femmes et ses hommes à accepter de quitter leurs familles, leurs enfants, à s’engager dans la Résistance, conscients de la mort possible, probable, mais conscient surtout qu’ils devaient se lever pour un idéal, se lever contre l’asservissement, se lever pour tous les autres …

Ces quelques rappels sur ce qu’est l’Honneur, ce que l’on peut et doit faire dans des circonstances extrêmes, résonnent en cette période de vide absolu du politique, des idéaux et de la notion de fraternité.


L’armée des ombres

Joseph Kessel. Pocket 2001, Poche, 253 pages, € 4,65


L’armée des ombres

Lino Ventura (Interprète principal). Universal Studio Canal Video 2008, DVD, € 7,97

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