Mon Président

Le blog d’un citoyen qui rêve d’un grand président de la république

Aimer

Posté par Christian le 29 mai 2008

Non, je ne t’aurais pas offert la sécurité.

Mais aimer, ce n’est pas s’installer un fois pour toutes au sommet des certitudes. C’est douter toujours, trembler toujours. Et puis, demeurer vigilant pour éviter que le poison mortel de l’habitude ne s’insinue et nous tue, ou pire : nous anesthésie. Ne pas croire que plus rien ne reste à faire mais au contraire séduire, séduire encore.

Aimer, ce n’est pas gagner à tous les coups. C’est prendre des risques, faire des paris incertains, connaître la frayeur de perdre sa mise pour mieux savourer le frisson de la doubler.

Aimer, ce n’est pas emprunter des routes tracées et balisées. C’est avancer en funambule au-dessus des précipices et savoir qu’il y a quelqu’un au bout qui dit d’une voix douce et calme : avance, continue d’avancer, n’aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là.


Se résoudre aux adieux

Philippe Besson. 10 2008, Broché, 188 pages, € 6,50

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Homme, tout simplement

Posté par Christian le 1 mai 2008

Mai 68 : bien sûr 40 ans, c’est une bonne occasion de revenir sur le passé et, en ces temps de dénigrement, d’essayer de comprendre.

Le livre de Virginie Linhart, Le jour où mon père s’est tu, est-il juste un livre de plus ou un témoignage important sur une époque et sur ses conséquences ?

Au lieu de raconter Mai 68, l’auteur (n’étant pas féministe, je ne perçoit pas l’absolue nécessité de féminiser ce mot), qui est la fille d’un acteur important des évènements (Robert Linhart), essaye de comprendre les conséquences de Mai 68 sur sa vie personnelle et celle des autres enfants de cette période.

Au travers de cette analyse, les ressorts humains et psychologiques de l’engagement politique, de la façon de vivre cette époque, des évolutions et revirements apparaissent.

C’est une histoire profondément émouvante et humaines qui est retranscrite par Valérie Linhart au travers des interviews des filles et fils de dirigeants et d’acteurs de Mai 68. Mais c’est aussi une histoire personnelle de compréhension et de filiation qui se construit du début du livre (pourquoi je pose ces questions) à sa fin (j’ai renoué le fil de l’histoire de mon père et compris).

Pourquoi ce livre trouve-t-il autant d’écho chez moi ? Je ne suis pas directement un enfant de 68 (je suis né en 1959), mes parents sont déjà trop vieux (39 ans en 1968) et insérés dans la vie professionnelle pour participer aux évènements, même si mon père, membre du PSU, aura accompagné les grèves dans son usine, et leur culture catholique est différentes des idéaux libertaires et gauchistes de 68.

Pourtant, cette histoire me parle et elle est un peu la mienne. Probablement parce que je suis né trop tard pour participer à Mai 68 et que mes années de militantisme ressemble à une synthèse de ce qu’il y a d’enthousiasmant dans l’effervescence intellectuelle de la politique et de riche dans sa vie personnelle et familiale.

Oui, j’aime ces heures de discussion à essayer de convaincre et d’éteindre les contre-arguments (jusqu’à une certaine intolérance quand l’interlocuteur n’est pas au niveau).

Oui, j’aime cette idée qu’on est un groupe et qu’on n’existe qu’à travers lui, que nos individualités ne comptent pas, …

J’ai vite compris, à mon détriment, que la vie politique était violente et que, sans règles, on risquait de s’y perdre. C’est probablement pour cela que je n’ai pas fait profession de la politique, voulant conserver une vie personnelle, puis familiale et professionnelle. Cet équilibre que je pense avoir réussi à établir entre ces 3 pôles (politique, famille, travail) a manqué aux enfants de Mai 68. Tout étant politique, tout étant groupe, les enfants n’avaient pas de place pour eux, ils participaient entièrement à la vie des adultes avec ce que cela peut avoir d’exaltant (tout la nuit à un concert) et d’effrayant (seul la nuit à la maison).

Merci Virginie de ton texte. Pour plein de raisons, je suis du côté de tes parents. Parce que j’ai des enfants, je sais jusqu’où il faut ne pas aller. Mais au-delà des difficultés, des angoisses, des fausses routes, des échecs, la vie ne vaut que parce que des femmes et des hommes mettent leur intelligence au service d’une cause collective. Cette cause, la leur est la nôtre. Elle aura fait progressé la liberté individuelle. Elle aura fait progressé la démocratie. Elle aura fait progresser les moeurs.

A d’autres aujourd’hui de savoir reprendre le flambeau. Nos enfants sont devenus trop conservateurs. Ils en reviendront.

Je crois sincèrement que la prochaine révolution viendra demain d’une alliance objective entre les jeunes et les retraités : les jeunes donneront la voie, les retraités, issus de 68, mettront leur talent, leur aisance et le fait qu’ils n’ont rien à perdre au service de leurs petits-enfants.

J’ai appris une chose de mes années de militantisme : on peut pas quitter la politique et les idéaux. Ils sont toujours là quoi qu’on fasse.

Quelques extraits :

page 27, un extrait du livre Tigre en papier de Olivier Rolin, Seuil, 2002, p58-59. La narratrice essaye de retrouver l’image de son père disparu en interrogeant son meilleur ami qui lui répond :

“Mais, Marie, je ne pas te parler de lui sans te parler de nous. Je ne sais pas comment te faire comprendre cela, on n’était pas tellement des “moi”, des “je”, à l’époque. Çà tenait à notre jeunesse, mais surtout à l’époque. L’individu nous semblait négligeable, et même méprisable. Treize, ton père, mon ami éternel c’est l’un des nôtres. Un des brins d’une pelote. Je ne peux pas le débrouiller, le dévider, l’arracher de nous, sinon je le ferais mourir une seconde fois. Sans nous son image se fanerait - sans “nous”, toutes nos mémoires s’effacent.”

Sur l’école (pages 79 et suivantes)

citant Julie Faguer : “A l’école, je n’avais qu’une angoisse : c’est qu’on se rende compte à quel point ça déconnait à la maison ! J’avais le sentiment qu’à mon entrée dans la cour tout le monde allait deviner que mes parents se baladaient à poil chez moi ou avaient plein d’histoire de cul … Par conséquent, je donnais absolument tous les signes de normalité : franchement, j’étais une enfant irréprochable.”

Claudia Senik : “Je me souviens que, pour mon premier jour d’école, un copain de mon père pleurait parce que j’allais être embrigadée dans l’appalreil de répression idéologique de l’Etat !”

Juliette Senik : “Le paradoxe du gauchisme, c’est que c’est une culture élitiste, ultra-littéraire, issue de la révolution surréaliste, qui se veut aussi du côté du peuple, dans la lutte des classes et hors de la société. Le fait d’être une bonne élève n’est pas gauchiste ! Ce qui est gauchiste, c’est d’être une bonne élève sans effort, dans la grâce, “ça va de soi” : c’est ce complexe de supériorité qui est gauchiste.”

Mai 68 et le judaïsme, page 99

Claudia : “[…] 68, c’est table rase ! Et faire table rase d’un passé qui nous définit comme survivants, c’st faire le choix de la liberté, de la parole, de la sexualité , de l’exubérance … C’est déconner, c’est vivre au contraire de ses parents.”

A posteriori, la réussite d’un Castro, d’un Weber et de quelques autres, ne doit pas masquer l’échec et les difficultés de certaines vies après 68 (pages 103 et suivantes)

Thomas Piketty : “On oublie que 68 a coûté très cher à un certain nombre de gens qui ont tout plaqué du jour au lendemain pour des idéaux, puis qui se sont faits cueillir par la crise économique des années 70. (…) [Mes parents] font partie de cette majorité d’anonymes des post-soixante-huitards dont on ne parle jamais, qui est venue gonfler les rangs des chômeurs à partir du milieu des années 70, sans avoir été préparée. Je me demande si ces incidences économiques n’expliquent pas pour partie les discours que l’on a entendus par la suite, ce rejet viscéral des années 68.”

Un regard sur le monde (page 154 et suivantes)

Claudia Senik m’a expliqué qu’elle repérait les enfants de 68 à cette capacité qu’ils avaient de se moquer des règles, des institutions, des hiérarchies, à jouer avec tout ça : “La vie est y jeu, on joue, et dabs ce jeu, je me sens assez libre, et pour moi, c’est ça l’héritage de 68. Le fait de se sentir miniritaire : être la seule enfant de soixante-huitards, la seule juive, on se demande quelle va être notre place. J’ai pris l’habitude de choisir la mienne ; j’ai décidé que rien ne m’était assigné.”

Pour conclure, page 155, une vision que je partage totalement :

Aurélia Joubert soutient qu’elle a hérité de son enfance un sens critique évident, “surdéveloppé”, qui lui est souvent reproché. “J’ouvre trop ma gueule, je critique trop les choses, mes opinions sont trop radicales. Les gens ne supportent pas. Aujourd’hui, il faut être sympa et cool. Pour moi, la radicalité est une forme d’exigence ; j’ai été élevé dans cette exigence-là : quand j’entreprends quelque chose, il faut le faire bien, il faut aller jusqu’au bout. Je crois que cela fait partie de leur militantisme général : ne pas lâcher les rênes du truc, tenir. C’est quelque chose que j’ai transmis à mes filles, raison pour laquelle je suis évidemment considérée par tout le monde comme une emmerdeuse.”


Le jour où mon père s’est tu

Virginie Linhart (Auteur). Seuil 2008, Broché, 174 pages, € 16,00

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Conflit

Posté par Christian le 30 avril 2008

189274342 femmes qui se regardent, finissent par se sourir mais qui font partie de 2 mondes irréconciliables.

Le film de Eran Riklis, Les citronniers, raconte le combat d’une palestinienne des territoires occupés dont le voisin, Ministre de la Défense israélien, veut supprimer son verger de citronniers pour des raisons de sécurité. Expulsée, elle refuse l’indemnisation et demande justice.

La femme du ministre prend progressivement conscience de l’injustice faite à sa voisine.

Le parallèle entre les 2 femmes, les relations des hommes avec elles et le résultat final de ce “conflit de mitoyenneté” pour les 2 protagonistes forment la structure du film. Tout le monde sortira perdant.

En effet, il ne peut pas y avoir de gagnants : qui peut dire que la sécurité de l’un est plus importante que la dignité de l’autre. Qui peut dire que la carrière du ministre a plus de valeurs que l’ambition de l’avocat de la palestinienne.

Le film n’est pas manichéen et se conclut sur l’absurdité totale du conflit israelo-palestinien et, malheureusement, sur l’impossibilité de trouver une solution équitable.

2 très belles scènes :

  • l’entrée de Salma, la palestinienne, dans un café où elle veut voir un personnage important (un homme d’influence). Dans ce café d’hommes, le silence se fait, comme outré de la présence d’une femme.
  • le couple du ministre israélien reçoit pour la pendaison de crémaillère de leur nouvelle maison. L’ambiance est à la fête lorsque, tout à coup, on entend une explosion et une rafale de mitraillette. Même s’il n’y a pas de blessés, en une seconde la proximité de l’horreur est présente.

L’actrice principale, Hiam Abbas, a joué dans plusieurs films français récents : Dialogue avec mon jardinier ou La fabrique des sentiments
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Facts, just facts !

Posté par Christian le 29 avril 2008

La reproduction intégrale d’un article du Monde daté du 29/04.

Maryam, victime d’une offensive israélienne, comme 58 enfants depuis janvier à Gaza

Maryam Maarouf avait 14 ans. C’était une écolière comme il y en tant à Beit Lahiya, au nord de la bande de Gaza, avec son foulard et sa blouse stricte. Comme ses parents, ses cinq frères et ses quatre soeurs, elle a été réveillée, samedi 26 avril, vers 1 heure du matin par le bruit assourdissant des chars, des blindés, des bulldozers et des hélicoptères. Les Israéliens avaient franchi en force la frontière située à deux kilomètres.

Une incursion comme il y en a tant pour se saisir des tireurs de roquettes ou procéder à des interpellations. Jeudi, c’était à Beit Hanoun, de l’autre côté de l’enclave. Demain, ce sera peut-être au point de passage de Kissoufim, au centre du territoire, ou au sud, dans le secteur de Khan Younès. Une pratique routinière. Ce samedi justement, c’est la maison de Maryam Maarouf qui est visée.

Son père, Talal Maarouf, est un activiste du Hamas. Pas un gros poisson, mais quelqu’un qui compte localement. Un homme de terrain. Tel est l’objectif de cet imposant déploiement. La maison toute récente, loin d’être terminée, est la cible des forces spéciales israéliennes.

Personne ne peut dire combien il y avait de chars, de bulldozers et d’hélicoptères. Ce qui est sûr, c’est que l’assaut est massif. “ Il y en avait de tous les côtés. On a entendu des rafales, des explosions, c’était la guerre. Je n’avais jamais vu cela “, raconte Rizik Sobeh, le beau-frère de Talal Maarouf.

Son fils Ahmed, 16 ans, dormait dans la maison et se souvient de tout. ” Ils ont demandé à Talal de se rendre, disant qu’il était encerclé. Puis ils ont commencé à tirer. Tout le monde hurlait. Il y a eu d’énormes explosions. Un hélicoptère a tiré avec des grosses balles. “

Et il ajoute : ” Nous étions couchés à terre. Lorsque ça s’est arrêté, nous sommes sortis. C’est là que ma cousine Maryam et ma tante Soumir ont été touchées. Soumir avait un bébé de 6 mois dans les bras. Elles ne pouvaient plus bouger. Une ambulance a tenté de s’approcher et on lui a tiré dessus. Puis deux jeunes ont essayé de secourir Soumir qui rampait. Ils ont été blessés par un missile. Je suis allé dans la maison du grand-père et je me suis caché. “

CAHIERS ÉPARPILLÉS

Lorsque, vers 6 heures du matin, les soldats décrochent, après avoir échangé des tirs avec des combattants palestiniens impuissants face à cette armada, il est trop tard pour Maryam. Abou Sada Iyad, chirurgien à l’hôpital Kamel Adwan, confirme qu’elle s’est vidée de son sang. Une balle lui a traversé le corps pénétrant sur le côté jusqu’à la hanche opposée. Sa mère, Soumir, a reçu une balle dans le dos. Son état est jugé préoccupant. Elle ignore le sort de sa fille et de son mari, emmené en Israël. Huit autres personnes ont été blessées, dont quatre grièvement.

Ahmed a échappé de justesse à un missile. Il a été touché dans le dos et aux jambes. Ibrahim est sain et sauf, et avoue ” on a couru après la mort et elle n’est pas venue “. Il ne comprend pas pourquoi il y a eu cette incursion juste pour arrêter un homme. Il évoque la possibilité d’un tunnel creusé depuis la maison. Dans le garage, il y a effectivement une montagne de sacs de gravats.

Les Israéliens savaient-ils ? Aucune mention officielle n’en a été faite. La maison a été totalement dévastée. Un incendie a ravagé une grande partie du premier étage. Les murs sont constellés d’éclats. Les cahiers d’écoliers de Maryam sont répandus dans les décombres. La vigne qui procurait de l’ombre sur la terrasse a été tranchée net. Un bulldozer a réduit en amas de ferraille la fourgonnette. Les cabanes, le four traditionnel ne sont plus qu’un tas de débris.

Dans un rayon d’un kilomètre, les cultures ont été labourées par les blindés. Le réseau d’irrigation et les pompes ont été écrasés. ” Pourquoi détruisent-ils tout systématiquement ? Pourquoi veulent-ils nous empêcher de vivre décemment ? Pourquoi tant de dégâts pour arrêter une personne ? “ Rizik Sobeh ne comprend pas. Dans les champs, les villageois récupèrent ce qui peut l’être.

Maryam est morte sur un chemin de terre sans comprendre pourquoi l’enfer s’est abattu sur sa maison. Ce qui n’empêchera pas, lors des obsèques, un député du Hamas, Mushir Masri, de ” récupérer ” sa mort et de rendre hommage à ” cette résistante “ et ” martyre “.

Lundi matin, à Beit Hanoun, un obus de char israélien a, selon les habitants, fauché quatre frères et soeurs âgés de 1 à 5 ans. Selon l’ONU, 58 enfants palestiniens ont été tués depuis le début de l’année dans la bande de Gaza.

Michel Bôle-Richard (Beit Lahiya, envoyé spécial)

© Le Monde

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Contradictions

Posté par Christian le 27 avril 2008

Finalement, la lecture du journal est un exercice intéressant. On y mesure les contradictions du monde.

En page 2 du Monde du 27/28 avril 2008, un édito sous le titre “Changer tout” nous explique l’aspiration des populations européennes nanties à une autre vie, à un autre temps, à une autre intelligence. Aspiration vers une société moins consumériste et plus simple.

En page 10 du même journal, “Les grandes marques rêvent de financer des émissions télévisées”.

Ya un bug ? Ou simplement du retard à l’allumage ?

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No change

Posté par Christian le 27 avril 2008

Il y a des choses qui ne changent pas.

Non, je ne vous parle pas de l’interview télévisée de Sarkozy. Je vous parle du blog du chi. On aurait pu penser qu’avec le départ du Président Chira, il arrêterait son blog pour profiter d’une retraite heureuse. Et bien, non ! Il continue, sur le ton du “Moi, j’aurais pas fait comme ça !”.

Il vient même de dépasser le million de pages vues ! Comme quoi, le talent …

24701833 pPour ceux qui ne connaissent pas les talents de monteur (je n’ai pas dit menteur, attention) de l’auteur du blog du chi, consultez cette note récente dont j’extrais cette image. J’ai un faible pour Napoléon, pas pour Sarkozy.

Certaines choses ne changent pas, et c’est heureux.

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La fin du monde

Posté par Christian le 21 avril 2008

La nouvelle m’a pris à la gorge quand elle a été annoncée. Le Monde présente un plan de redressement avec des licenciements et la cession de certains actifs.

Abonné du Monde depuis … si longtemps, lecteur depuis ma jeunesse, amoureux de la Presse Quotidienne depuis l’enfance, c’est un pan de journalisme qui est remis en cause.

Enfin, quoique … C’est plutôt l’échec d’une stratégie économique et d’un développement qui devait conduire à la création d’un groupe de presse.

Ce qui es en cause, c’est la suffisance d’une équipe qui aura voulu, forte de l’histoire et de l’aura d’un journal mythique, donner des leçons à tout le monde.

On se rappelle la polémique que Le Monde, en la personne de Edwy Plenel, alors directeur de la Rédaction, a entretenu contre ceux qui critiquait sa stratégie. Le Monde, tout puissant et historique, ne saurait avoir tort, et, de ce fait, ne saurait être critiqué. CQFD.

On lira, pour le fun, les extraits ci-dessous d’un éditorial de Plenel, lors de la sortie du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, La face cachée du Monde, Mille et Une Nuits, 2003

Ces extraits [dans l’hebdomadaire L’Express] n’ont donné qu’un aperçu partiel d’un ouvrage de 634 pages dont la quatrième de couverture donne le ton : « Usant de son pouvoir d’intimidation, Le Monde a insidieusement glissé de son rôle de contre-pouvoir vers l’abus de pouvoir permanent… Le danger est devenu d’autant plus grand pour la démocratie que Le Monde bénéficie encore de l’aura de son passé et qu’il demeure un média influent, voire dominant… »

Ou celle-ci, à méditer à l’aune du changement de stratégie économique d’aujourd’hui :

On aura compris que le paradoxe de ce réquisitoire est qu’il est aussi un hommage à l’indépendance reconquise du Monde dont Pierre Péan et Philippe Cohen soulignent qu’il « n’a plus vraiment d’identité politique » et qu’il a « réussi à s’extraire du système ». Mais, chargés de sonner l’alarme, ils ne sont pas à une contradiction près : cette réussite cacherait « un Enron à la française », et la stratégie de groupe serait une fuite en avant, permettant au Monde de « piller les autres journaux regroupés sous sa bannière » tout comme « la Rome antique vivait sur le dos des provinces conquises ».

Et les auteurs de proposer une autre stratégie économique où, loin de se développer, l’entreprise Le Monde se concentrerait sur l’activité du seul quotidien qui aurait le grand tort de « vivre au-dessus de ses moyens ». Aussi suggèrent-ils aux personnels du Monde, qui en sont actionnaires, « de réaliser au bas mot 15 d’économies sur nombre de dépenses, en sorte de remettre le quotidien sur de bons rails ». En somme, une gestion que ne dédaignerait pas le libéralisme économique le plus sauvage et qui n’a pas grand rapport avec les valeurs sociales qui soudent cette entreprise.

Baisse de la publicité, crise de la presse, changements des habitudes de lecture à cause d’internet, … toutes ces causes et d’autres surement seront évoquées pour expliquer pourquoi il faut changer de stratégie.

Mais qui, au Monde, osera dire pourquoi la stratégie précédente était une erreur ?

Quelques pistes de réflexion :

  • Le Monde est un journal de référence. C’est celui qu’on va lire quand on veut une information. C’est celui qui va aborder l’information sur un angle, avec une dimension et une exhaustivité que n’auront pas les autres journaux.
  • Le Monde doit innover et apporter plus d’information. Ce n’est pas en multipliant les suppléments (en ce moment, un disque, un DVD et un livre chaque semaine) qu’on achètera Le Monde. Par contre, en multipliant l’information, en développant le reportage, Le Monde restera un journal différent des autres journaux.

Quelques idées :

  •  Ajouter des cahiers thématiques réguliers : histoire, sciences, débat. Pour approfondir un sujet. Et avec une régularité pour que ceux qui sont intéressés par le thème achète Le Monde pour le cahier.
  • Développer la photo d’actualité : pourquoi pas, chaque jour une photo d’actualité en page centrale.

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Stress ?

Posté par Christian le 13 avril 2008

Depuis un moment, je voulais évoquer cette nouvelle forme de journalisme que sont les journaux sur internet. Mediapart, Backchich, Agoravox ou Rue89.

rue89 logoAlors pour introduire le sujet avant de l’approfondir ultérieurement, un article humoristique sur Rue89 sur le stress des blogeurs.

Mise à jour : j’ai retiré Backchich de la liste car c’est (aussi ?) un hebdo papier traditionnel. Et puis, je n’aime pas trop le côté “tous pourris”.

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Réalisme

Posté par Christian le 13 avril 2008

Jusqu’où peut-on aller pour survivre ? Du côté des gagnants comme du côté des perdants, loin à en croire Soderberg. Finalement, c’est “l’honnête homme” qui perd.

Film réaliste (en vieux noir et blanc) agrémenté d’images d’archives du Berlin détruit par les bombardements alliés, Kate Blanchett et George Clooney se cherchent dans une ambiance où le bien et le mal sont masqués.

A voir.

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Téléscopage

Posté par Christian le 13 avril 2008

Ainsi va Le Monde (du 13 et 14 avril) :

  • Emeutes de la faim : l’explosion de l’insécurité alimentaire inquiète l’ONU. 1,2 milliard de personnes pourraient avoir chroniquement faim d’ici à 2025. Explication : la production augmente moins vite que la demande.
  • Annulation de vols intérieurs aux Etats-Unis : la sécurité aérienne américaine gravement mise en cause. Des milliers de vols ont été annulés aux Etats-Unis à cause de négligence dans l’entretien des appareils par les compagnies aériennes et de contrôle par la FAA (Federal Aviation Administration). Explication : à cause de marges faibles, les compagnie rognent sur l’entretien.
  • Crise des subprimes : Le G7 donne cent jours aux banques pour dévoiler leur pertes. Quand l’absence de régulation se fait sentir.

Ah, monde capitaliste …

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